Les régimes totalitaires et l'ordre
européen
Les régimes totalitaires ont-ils
provoqué la Seconde Guerre mondiale ?
Les régimes totalitaires sont-ils responsables de la Seconde
Guerre mondiale ? Si oui, sont ils les seuls ?
I Hitler:
responsable de la guerre.
Dans l'ouvrage Hitler m'a dit , le très
contesté Hermann Rauschning ancien acolyte d'Hitler,
rapporte les propos suivants ::"Je veux la
guerre, et tous les moyens me seront bons ... La guerre c'est moi ... ".
Les historiens discutent aujourd'hui de la validité de ce témoignage.
a)Les provocations
.
Hitler les multiplie. En 1933,
l'Allemagne quitte la SDN. A partir de 1934-35 sont lancés le réarmement et le rétablissement du service militaire obligatoire. En 1936, la Rhénanie est remilitarisée.
b)Les annexions de territoires .
Hitler justifie ses annexions par le pangermanisme
et la création d'un espace vital.
Elles débutent en mars 38 avec l' Anschluss. En
octobre 38, est annexé le territoire des
sudètes. En mars 39, Hitler annexe aussi la Bohème Moravie(Ouest
de la Tchécoslovaquie). Finalement en septembre 39
,l'invasion de la Pologne déclenche la Seconde Guerre mondiale
.
Anschluss :(rattachement) Rattachement de l'Autriche à l'Allemagne.
Sudètes : Région tchécoslovaque à forte population allemande.
Pangermanisme : volonté de réunir dans un seul et même Etat tous les peuples germaniques.
Lebesraum : espace vital, espace considéré par la nazis
comme nécessaire à la survie de la race germanique. Ian Kershaw démontre dans
sa biographie d'Hitler qu'il s'agit surtout de conquérir des territoires et
leurs ressources pour garantir aux Allemands des standards de vie comparables à
ceux des américains.
II La responsabilité des autres
régimes totalitaires et nationalistes .
a) Mussolini.
Nostalgique de l'empire romain, Mussolini se lance dans une politique impérialiste : En octobre
1935, l'Italie envahit l' Ethiopie. Il se rapproche
également d'Hitler. Ainsi en octobre 36 est signé l'Axe Rome-Berlin. En mai 39, le Pacte d'acier confirme cette alliance. La guerre se prépare.
b) Staline
Dans un premier temps Staline cherche à s'appuyer sur les partis
communistes des pays européens pour contrer la progression du fascisme. Mais,
écarté de la conférence de Munich et
craignant que la Russie soit l'une des premières ambitions d'Hitler, il accepte
que ses représentants signent avec l'Allemagne le 23 août 39, le pacte germano-soviétique. C'est un
pacte non agression qui prévoit dans un protocole
secret le partage de la Pologne en zones d'influences et l'annexion des
Etats baltes par l'URSS.
c) Le Japon
Au Japon, les nationalistes et les
militaristes prennent le pouvoir. Ainsi en 1931, le général Tojo forme un gouvernement à majorité militaire. Le Japon
se lance alors dans une politique
d'expansion qui se traduit par l'invasion de la Mandchourie en 1931 et
suivie d'une nouvelle agression de la Chine en 1937. Cette attitude lui vaut
l'hostilité des pays membre de la SDN. Pour rompre son isolement et se prémunir
face à une éventuelle attaque soviétique, il signe avec l'Allemagne en 1936, le
pacte anti-komintern.
En 1940, il rejoint même les puissances de l'Axe.
Plus que jamais, les ambitions du Japon s'opposent
aux intérêts des Etats-Unis dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est.
III Le réveil tardif des
démocraties libérales dans un contexte de plus en plus tendu.
a) La guerre d'Espagne.
En Espagne, un gouvernement de Front
Populaire élu démocratiquement en 1936 est confronté à un soulèvement militaire déclenché en
1936. La guerre civile oppose donc les défenseurs
de la République aux nationalistes menés par le général Franco. Mais le conflit
s'internationalise rapidement. Mussolini
envoie dès juillet 36 des soldats (700 000) pour soutenir les nationalistes
de Franco. L'Allemagne nazie les
soutient également à partir d' août 1936 en envoyant
du matériel et des armes. De son côté
Staline laisse le Komintern
organiser des Brigades internationales constituées
de combattants du monde entier, des communistes, des socialistes et des
anarchistes désireux de défendre la
République espagnole. Il fournit également des armes aux Républicains avant de se retourner contre toutes les
forces républicaines non-staliniennes.
Le gouvernement de
Front-Populaire français s'aligne sur la politique de non-intervention du
Royaume-Uni mais secrètement il laisse passer du matériel au profit des
Républicains espagnol. Entre 1936 et 1939, les forces nationalistes parviennent
à progresser en Espagne et s'emparent de
Madrid en mars 39. L'échec des républicains espagnols s'explique par le manque de soutien des démocraties
libérales, par la puissance de leurs adversaires fascistes et par leurs
divisions attisées par Staline.
b) Les faibles réactions des démocraties libérales et de la SDN face à
toutes les provocations d' Hitler.
La remilitarisation de la Rhénanie et l' Anschluss
ne provoquent que de faibles réactions
de la part de la Grande-Bretagne et de la France. En 1938, le premier
ministre Chamberlain déclare : " Si nous devons nous battre, il faut que
ce soit pour des causes plus vastes " .En France, Chautemps
(Président du conseil français) se contente d'une condamnation verbale. La SDN sans force armée et sans la
participation des Etats-Unis se révèle impuissante
à contenir les ambitions de l' Allemagne et de l'Italie .
c)Les accords de Munich .29 30 septembre 1938.
Par les accords de Munich, les
britanniques et les français reconnaissent l'annexion du territoire sudète .Cette attitude pacifiste peut être expliquée par la volonté de gagner du temps et de préparer
la guerre. Mais elle est aussi liée
au pacifisme dominant dans l'opinion publique de l'époque à l'issu du
traumatisme de la première guerre mondiale. Pour information, c'est en 1938
qu'est créé l'institut de sondage IFOP. Cette année là, seul un tiers des
français se dit hostile aux accords de Munich. Cependant, ces accords furent
perçus par Hitler comme la confirmation du fait que la Grande-Bretagne et la
France ne réagiraient pas à toute autre agression concernant un petit pays,
fusse-t-il leur allié. Ce n'est qu'au printemps 1939 que la France et la Grande-Bretagne
se rapprochent pour garantir aux autres pays victimes d'une agression de
l'Allemagne leur soutien militaire .
Conclusion : Hitler et ses alliés de l'Axe sont les responsables de la guerre même
s’ils bénéficient du manque de réactions énergiques des démocraties libérales.
Par le pacte germano-soviétique, Staline hôte temporairement à l'Allemagne le
risque d'un double front. Les conditions stratégiques lui sont donc désormais
favorables. Il est temps désormais pour lui de profiter de la situation
.