Séries : TES

 

Titre : les chemins de la puissance : les Etats-Unis et le monde depuis les « 14 points » de Wilson.

 

La formulation du sujet a de quoi surprendre. Quasi téléologique, elle donne le sentiment, que la puissance des Etats-Unis s’inscrit dans le destin d’une nation. Il est vrai qu’elle fut fondée par des puritains, les Pilgrims Fathers, religieusement convaincus de leur mission. On ne saurait cependant réduire l’histoire de la puissance américaine à cette seule dimension. Elle n’est cependant pas absente des réflexions sur la place des Etats-Unis dans le concert des nations. Quand Wilson rédige les 14 points, peu avant la fin de la première guerre, son inspiration est presque messianique. Les Etats-Unis ne sont alors qu’une puissance émergente. Ils n’ont d’ailleurs pas à ce moment là la prétention de s’imposer comme la première puissance. Ils le sont pourtant devenus. On parle même désormais au sujet de ce pays de super voir d’hyperpuissance.

 

Problématique : Les Etats-Unis avaient-ils vocation à devenir une puissance ? Comment expliquer leur actuel leadership ? Quelles sont les étapes de cette émergence ? Connait-elle des limites ? Est-elle contestée ?

 

Par puissance, on désigne la  capacité d’un Etat à tirer parti de la combinaison de différents facteurs (poids démographique, superficie, ressources naturelles, richesse économique, capacités militaires, poids dans les institutions internationales, rayonnement culturel) pour imposer  sa volonté aux autres.  Une superpuissance est un Etat qui combine tous ces critères pour affirmer son influence partout dans le monde (Etats-Unis et URSS pendant la guerre froide). Une hyperpuissance est une puissance sans rivale, capable d’affirmer sa domination sans partage.

 

Téléologie : approche finaliste qui analyse les événements et leur succession uniquement à la lumière du présent.

 

I L’émergence d’une puissance dont la prétention est d’abord régionale….

 

a)     (HS) Après avoir voulu limiter leur influence à l’ «hémisphère américain », ….

Au tournant des 19ème et 20ème siècles, les Etats-Unis cherchent d’abord à  maîtriser un territoire immense (9,6 millions de km² aujourd’hui) conquis en repoussant la « frontière » au détriment des amérindiens et des puissances voisines. Les voies fluviales, puis les routes  et les lignes de chemin de fin constituent alors des axes de pénétration efficaces. Ils permettent  l’exploitation de nombreuses ressources minérales et agricoles. Au nord des grandes plaines, depuis 1848, le Chicago Board Of Trade (CBOT) fixe le court des produits agricoles. Aujourd’hui encore les Etats-Unis sont les premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles et agroalimentaires. C’est un aspect de leur soft power. Au nord et à l’est se constitue dans le contexte de la seconde révolution industrielle, une manufacturing belt qui devient le cœur industriel des Etats-Unis. C’est donc bien à l’émergence d’une puissance industrielle et commerciale à laquelle on assiste sur le sous-continent nord américain à ce moment là. Sur le plan géopolitique, les Etats-Unis entendent contrôler leur environnement proche. C’est la politique du «big stick» chère à  Théodore Roosevelt. Il s’agit souvent de satisfaire des intérêts économiques. La présence de la société américaine United fruit justifie des interventions à Cuba, au Honduras, au Nicaragua. C’est l’origine de l’expression république bananière. Soucieux de maîtriser les routes maritimes, ils prennent le contrôle du détroit de Panama en 1912. Cependant, conformément à la tradition isolationniste du président J.Monroe (1823) et aux conseils du président T. Roosevelt, ils se tiennent éloignés des tensions européennes. Profitant de l’affaiblissement de l’Espagne vaincue en 1898, les Etats-Unis prennent le contrôle des Philippines et de Hawaii dans le pacifique mais aussi de Cuba et de Porto Rico aux Antilles. Avec la mise en place d’un protectorat sur Haïti et sur la République Dominicaine en 1915, la mer caraïbe devient un véritable «lac étatsunien».

 

Frontière : Dans ce contexte, il s’agit d’un front pionnier, une limite mouvante qui sépare les régions habitées des espaces encore vides  et non contrôlés.

 

b),… les Etats-Unis participent malgré tout à la première guerre mondiale.

C’est dans ce contexte qu’éclate la première guerre mondiale. Les Etats-Unis restent d’abord neutres. Cela ne les empêche pas cependant de faire crédit aux pays de l’entente (rôle de la banque JP Morgan & Co.) et de livrer secrètement du matériel militaire aux alliés comme le révèle la tragique histoire du Lusitania coulé en mai 1915 par un u-boot allemand. C’est d’ailleurs la volonté allemande de mener une guerre sous-marine à outrance qui justifie l’entrée en guerre des Etats-Unis en avril 1917. Mais ceux-ci ne sont pas totalement préparés. Le volontariat ne suffit pas. Pour la première fois la conscription est nécessaire. Au départ, il n’y a d’ailleurs pas suffisamment d’armes pour les sammies. Malgré tout, ils débarquent, notamment par Brest, en juin 1917 et sont opérationnels en septembre 1918.

Le 8 janvier 1918, dans un discours au Congrès, le président américain Thomas Woodrow Wilson, fait une proposition de paix en 14 points. Dans ce texte, il souhaite la mise en place d’une nouvelle forme de diplomatie (une diplomatie ouverte, une diplomatie des peuples, une diplomatie assurant la liberté de circulation et des échanges). Il affirme, en Europe, le droit des peuples à déposer d’eux mêmes (autonomie des peuples d’Autriche-Hongrie et reconstitution d’un Etat polonais). Il annonce la création d'une Société des Nations. Elle nait par le pacte constitutif qui précède le traité de Versailles signé le 28 juin 1919. Elle réunit 45 membres. Son Assemblée Générale siège une fois par an à Genève. Elle a pour mission de régler pacifiquement les conflits entre États. Elle veille donc au respect du droit international et règle les litiges par la cour permanente internationale de justice. Mais  le sénat américain refuse de suivre l’initiative interventionniste du président Wilson. Il ne ratifie donc pas l’adhésion des États-Unis à la SDN. Celle-ci s’en retrouve amoindrie. (voir leçon sur la SDN et l’ONU)

 

c)     … et en sortent renforcés

Au sortir de la première guerre mondiale, les Etats-Unis sont les créanciers de nombreuses puissances. C’est à ce moment là que le dollar s’impose avec la livre sterling comme monnaie de référence mondiale. Dans le domaine du pétrole,  l’influence américaine se fait sentir de façon plus lointaine. Cinq sociétés américaines font partie « des sept sœurs » qui s’entendent en 1928 par les accords d’Achnacarry pour contrôler le secteur du pétrole dans le monde entier. Mais le 24 octobre 1929 a lieu le krach de Wall Street. Débute alors la grande dépression qui affaiblit durablement le pays. L’extension de la crise à l’Europe révèle combien les banques américaines étaient implantées en Europe. Confrontées à des difficultés dans leur pays, elles rapatrient leurs capitaux et limitent leurs prêts. Pour certains économistes, cette contraction du crédit contribue à exporter la crise outre-atlantique. La politique interventionniste de New Deal menée par le président Franklin Delano Roosevelt permet de réduire les difficultés mais à la fin des années 30 l’économie américaine ne s’est encore totalement redressée. Pour certains économistes, c’est la seconde guerre mondiale qui relance durable l’appareil productif des Etats-Unis.

 

d)     A l’occasion de la seconde guerre mondiale les EU renforcent leur puissance.

Jusqu’en 1941, les Etats-Unis limitent leur participation à la fourniture de matériel militaire au Royaume-Uni puis à l’URSS (loi cash and carry, loi prêt-bail, victory program). Mais progressivement, l’ «aire de coprospérité» que le Japon conquiert progressivement en Asie orientale et dans le pacifique, menace les intérêts américains dans la région. L’attaque de la base américaine de Pearl Harbor à Hawaii,  le 7 décembre 1941, oblige les Etats-Unis à entrer officiellement en guerre. En 1939 des scientifiques, notamment Einstein, alertent Roosevelt des capacités supposées des allemands de se doter d’une arme atomique. Le projet Manhattan est alors lancé. Il aboutit à l’essai en juillet 1945 d’une bombe à implosion (opération Trinity). Les Etats-Unis sont alors les seuls à posséder la bombe nucléaire. Ils l’utilisent comme arme de coercition le 6 aout et le 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki, officiellement pour accélérer la capitulation japonaise. Mais l’utilisation de la bombe sur la Japon avant l’entrée en  guerre prévue de l’URSS contre cette puissance laisse entendre à certains que « cet acte est le premier acte diplomatique d’importance de la guerre froide à l’encontre de l’URSS » (PMS Blakett).

La puissance des Etats-Unis est donc désormais considérable et pour l’historien Maurice Vaïsse, la seconde guerre mondiale marque la fin de la prédominance européenne au profit de celle des deux superpuissances de la guerre froide.

 

II ….avant de s’imposer comme l’autre superpuissance de la guerre froide.

 

La guerre froide est une guerre d’intensité variable opposant  indirectement deux superpuissances dans un conflit idéologique. Chacune essaye en effet de diffuser son modèle et d’étendre sa zone d’influence. Il en résulte une bipolarisation du monde et une concurrence acharnée entre les deux Etats.

a)     Les Etats-Unis établissent les bases d’une puissance économique et culturelle…

Dès la rencontre entre Churchill et Roosevelt au large de Terre-Neuve en aout 41, la Charte de l’Atlantique demande le rétablissement de la libre circulation à travers les océans. Cette volonté de rétablir les bases économiques et les flux commerciaux mondiaux à leur profit est une constante préoccupation des autorités américaines. Pour  stabiliser les monnaies et relancer le commerce, les accords de Bretton Woods sont signés en 1944. Le dollar devient la monnaie de référence internationale. Il est convertible en or (31.10 g d’or = 35 $). Les Etats-Unis détiennent d’ailleurs à ce moment là les 2/3 du stock d’or mondial. Les monnaies ont donc des parités fixes (ou presque) par rapport à l'or ou au dollar. A Bretton Woods fut également mis en place un Fonds Monétaire International(FMI), financé pour 1/4 par les EU et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) financée à 35 % par les EU (citation) Le plan Marshall, programme d'aide américain destiné à stimuler la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, est proposé en 1947 et adopté par le Congrès américain en avril 1948. Il est prévu pour une durée de quatre ans et porte sur une somme de 13  milliards de dollars, dont 85 % de dons et 15 % de prêts à long terme. L'Organisation européenne de coopération économique (OECE-future OCDE) est créée pour accompagner la mise en œuvre de cette aide dans les seize pays européens qui l'ont acceptée.  Elle doit permettre de soustraire ces pays de l’influence communiste. Elle participe à la politique d’endiguement.  Par ailleurs les Etats-Unis trouvent ainsi une demande solvable. Cette volonté d’écouler les productions américaines concerne également la culture. Au sortir de la guerre la dette française est annulée par les américains. En contre partie, les accords Blum-Byrnes, prévoient  qu’aucune restriction ne soit apportée à l’importation de films américains. C’est ainsi que se diffuse le mode de vie américain (American way of life) et les modes de consommation associés en Europe.

 

 

b)     , s’inscrivent comme une puissance géopolitique incontournable….

Réunis à Yalta en février 44, Staline, Churchill et Roosevelt prévoient les conditions d'une paix durable dans le monde, ils souhaitent la création d’une organisation des nations unies. Celle-ci voit le jour avec l’adoption le 26 juin 45 de la charte de San Francisco (26 juin 45). Les Etats-Unis obtiennent comme le Royaume-Uni, la France, l’URSS et la Chine un statut de membre permanant du conseil de sécurité et le droit de véto associé au titre. Le siège de l’organisation est établi à New York. Les soviétiques affirment d’ailleurs que cette institution n’est alors qu’un instrument à la botte des Etats-Unis. Il faut dire que la gestion de la guerre de Corée (1950-1953), semble conforter ce sentiment puisque, pour contourner le blocage soviétique au conseil de sécurité, l’Assemblé Générale vote une résolution permettant l’envoi contre l’agresseur nord-coréen d’une force multinationale essentiellement américaine. Cela participe de la politique du Rollback voulue par Eisenhower et qui vise à refouler le communisme.

 

c)     …et renforcent leurs capacités militaires.

Ce sont les européens, notamment les britanniques qui, effrayés par le coup de Prague en Tchécoslovaquie en 1948, demandent à se placer sous la protection d’une alliance militaire menée par les Etats-Unis. C’est dans ces conditions qu’est adopté le traité de Washington qui donne naissance à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Plus tard, sous l’impulsion de John Foster Dulles, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, les Etats-Unis complètent leur système d’alliance avec l’OTASE, l’ANZUS et le pacte de Bagdad. On a parfois parlé de pactomanie. L’armement évolue également. Les EU pensaient avoir de l’avance pour longtemps sur leurs adversaires.  Mais en 1949, l’URSS se dote  de l’arme nucléaire (la bombe A). Les EU mettent donc au point en 1952 une bombe plus puissante, thermonucléaire : la bombe H.

 

d)     Ils doutent cependant de leur puissance et de leur modèle dans les années 70

Sur le plan de la politique intérieure, la fin des années 60 et le début des années 70, correspond à une période de doutes de la société américaine sur la valeur de son modèle. En 1968, Robert Kennedy, frère du président assassiné en 1963 et le pasteur Martin Luther King sont tués. La lutte pour les droits civiques ne s’arrête cependant pas là puisque se développent des mouvements comme le Black Power ou le Black Panther Party. En 1974, l’affaire du Watergate qui aboutit à une procédure d’impeachment à l’encontre du président R. Nixon ébranle le système politique américain.

Sur le plan géopolitique également la décennie 70 correspond est une période d’incertitude pour la puissance américaine. La guerre du Vietnam connait une contestation qui s’intensifie en 1968-1969. Après, s’être enlisés dans le conflit les EU se retirent de la péninsule Indochinoise en 1973. Nixon cherche à contribuer à la division du camp communiste en pratiquant une diplomatie triangulaire qui le rapprochait de la Chine.  En 1975, les nord-vietnamiens communistes entrent dans Saigon (Ho Chi Minh-Ville) et remportent la guerre du Vietnam. C’est un échec de la stratégie d’endiguement mise en place par les américains. Au Moyen-Orient,  Ils perdent un allié pro-occidental  précieux, à l’occasion de la révolution islamiste iranienne en 79.

Les Etats-Unis connaissent également des difficultés sur le plan économique. La crise s’amorce au début des années 70. En 1971, Nixon décide de supprimer la convertibilité du dollar en or et met un terme au système de Bretton Woods Il en résulte une certaine instabilité monétaire. Les Etats-Unis, alliés d’Israël sont particulièrement visés par l’embargo décidé par les Etats arabes producteurs de pétrole en 1973. Ils subissent également le deuxième choc pétrolier en 1979 au moment de la révolution iranienne. Dans ce contexte économique, l’industrie américaine connait donc des difficultés. Par endroit, la manufacturing belt se transforme avec les friches industrielles, en rust belt (ceinture de la rouille). Un film comme Voyage au bout de l’enfer (Michaël Cimino-1978) illustre finalement assez bien les difficultés que traverse la société américaine dans ce contexte.

 

Procédure d'impeachment : procédure qui permet au Congrès de renverser le président en cas de trahison ou de forfaiture.

 

e)     Avant de s’imposer finalement à l’issue de la guerre fraîche.

 

Le climat change cependant avec l’arrivée au pouvoir du républicain Ronald Reagan en 1980. Face à l’adversaire soviétique qu’il désigne comme « l’empire du mal », il déclare désormais : « America is back».  Il annonce dans le même élan la mise en œuvre d’  un projet de bouclier nucléaire (Initiative de défense stratégique -IDS) surnommé Guerre des étoiles. A l’automne 1980, les Etats-Unis envahissent Grenade aux Antilles et éclate la crise des euromissiles en Europe. Les E-U installent en effet des Pershing en Europe en réponse aux SS20 soviétiques. Dans toute l'Europe, des mouvements pacifistes se développent pour dénoncer la prolifération nucléaire. L’URSS s’essouffle cependant dans la course à l’armement ainsi relancée.

 

 

III entre tentation hégémonique et nouveaux doutes.

 

a)     En 1991, les Etats-Unis ont l’espoir d’un « nouvel ordre mondial » …

 

Le 11 septembre 1990, Georges Bush père annonce l'instauration d'un nouvel ordre mondial (New World Order). Il désigne ainsi la mise en place d’un monde de paix et d'harmonie dont les EU seraient plus ou moins les garants. Le contexte semble alors lui donner raison. En août 1990, l’Irak sorti exsangue de la première guerre du golfe (1980-1988) attaque le Koweït voisin. Il faut dire que Saddam Hussein convoite ses ressources pétrolières. Il lui reproche également d’inonder le marché de ses exportations et de tirer  ainsi le prix du baril à la baisse.  Se forme  alors une vaste coalition autour des EU. La France par exemple participe à cette intervention, mandatée par l’ONU. En janvier 1991, débute  la guerre du golfe, deuxième du nom. A ce moment là, certains comme les néoconservateurs américains pourraient être tentés par une hégémonie. Certains politologues développent alors la « théorie de l’empire global » selon laquelle l’ordre mondial pourrait être administré de façon unilatérale par « l’Amérique ». Hubert Védrine et d’autres encore parlent alors d’hyperpuissance. Des observateurs comme Henry Kissinger, alertent cependant les autorités sur les dangers d’une situation de domination sans partage.  A son arrivée au pouvoir en 1993, Bill Clinton affiche s volonté d’avoir une politique étrangère plus modeste.

 

Hégémonie : domination sans partage.

 

b)     …mais leur  puissance est compromise par plusieurs facteurs dans les années 2000.

 

Sur le plan géopolitique, la présence de troupes américaines sur le sol saoudien à l’occasion de la guerre du golfe alimente l’hostilité des néo fondamentalistes qui rejettent le modèle occidental et dénoncent l’attitude conciliante des monarchies pétrolières. Le 11  septembre 2001, un groupe de 19 personnes d'origine saoudienne pour la plupart, détourne quatre avions et détruit ainsi les tours jumelles du World Trade Center à New-York et endommage sérieusement le Pentagone à Washington. Le bilan humain est de 2995 victimes. Le monde découvre alors Al Qaida. La première puissance mondiale rendue vulnérable  sur son sol par les attentats du 11-09. En réaction, George Bush applique la stratégie de la Global War on Terrorism (Guerre Globale contre le Terrorisme). Une coalition internationale menée par les États-Unis intervient le 7 octobre 2001, en Afghanistan entraîne en cinq semaines la chute du régime des talibans qui abritait Ben Laden. Le pays reste politiquement instable et la pression islamiste se maintient sous la forme désormais d'une guérilla.  En mars 2003, une autre coalition menée par les EU envahit l'Irak. Il s'agit d’une guerre préventive (troisième guerre du golfe).  Les EU estiment à tort que l'Irak possède des armes de destruction massive et soutient le terrorisme international. Des doutes sont exprimés notamment par la France sur la légitimité de cette intervention. C'est sans mandat onusien que l'offensive est lancée. Cependant, l’armée américaine s’enlise dans ces deux conflits. Compte tenu de cette expérience Barack Obama hésite à intervenir plus directement en Irak et en Syrie où sévit l'"Etat islamique" (daesh).

 

Sur le plan économique, les Etats-Unis peinent à sortir de la crise qui les touche depuis 2008. Cette crise appelée crise des « subprimes » provoque une raréfaction du crédit. Les capitaux faisant défaut, le reste de l’économie est à sont tour touché. La croissance devient lente, le taux de chômage augmente. Les autorités fédérales doivent intervenir pour renflouer  Général Motors et injecter à nouveau des liquidités dans le système financier.

 

Néo-fondamentalisme : le fondamentalisme désigne la volonté de revenir aux textes fondateurs de l'islam, le néo-fondamentalisme associe à ce principe le rejet de l'occident incarné par les États-Unis et sur une mise en accusation des monarchies pétrolière.

 

Al Qaida (la base en Arabe) : structure informelle créée en 1988, qui regroupe 24 organisations réparties dans 40 pays au moment  des attentats du 11 septembre 2001.

 

Crise des « subprime » : Crise provoquée par l'accumulation de créances douteuses à des taux variables concédées par les banques. En difficulté financière, celle-ci finissent par rendre le crédit plus couteux. Cela freine la consommation et l'investissement.

 

c)     L’existence de puissances concurrentes …...

 

Les Etats-Unis réalisent désormais moins d’un quart de la production mondiale alors qu’ils en réalisaient la moitié au sortir de la seconde guerre mondiale. Cela est lié à l’émergence d’autres économies. On peut citer la Chine, désormais deuxième puissance économique mondiale mais aussi, l’Inde ou le Brésil et les autres NPI asiatiques. Dans ce contexte, la balance commerciale américaine est désormais largement déficitaire (500 milliards de $ en 2010) notamment vis-à-vis de la Chine qui représente un tiers de ce déficit. Les Etats-Unis dénoncent d’ailleurs la sous évaluation du Yuan qui favorise les exportations chinoises. Sur le plan financier, bien que cumulant 38 % de la capitalisation boursière mondiale, les Etats-Unis sont également très endettés, notamment vis à vis de la Chine qui détient des bons du trésor américain à hauteur de 1000 milliards de dollars. Le Japon est l’autre grand détenteur de bons du trésor. La dette publique représente 70% du PIB américain. Sur le plan géopolitique, les Etats-Unis doivent faire avec les autres puissances comme le montrent  l’attitude française au moment de l’intervention en Irak en 2003 ou le blocage Russe et Chinois au sujet de la Syrie aujourd’hui.  Le monde n’est donc pas unipolaire. D’autres puissances aspirent donc à une organisation plus multipolaire. Fareed  Zakaria démontre que désormais d’autres puissances jouent un rôle médiateur.

 

d)     ….n’empêche pas les Etats-Unis de demeurer la première d’entre-elles.

 

Sans faire de déterminisme, on peut quand même considérer que, les Etats-Unis peuvent toujours s’appuyer sur leur territoire pour conforter leur puissance (voir schéma),en dépit des catastrophes dites « naturelles », A titre d’exemple, les gisements de pétrole procurent au pays des revenus mais aussi l’assurance d’une réserve stratégique. L’industrie du cinéma et des productions audiovisuelles par l’influence qu’elle a dans le monde contribue au soft power américain. Par ailleurs, si la situation financière est préoccupante, leur niveau d’endettement est tellement élevé que leurs débiteurs n’ont pas intérêt à les voir s’affaiblir encore un peu plus. Pour terminer, malgré la volonté de limiter les dépenses militaires dans le contexte de la fin des conflits afghans et irakien, le budget américain reste de loin le premier (768 milliards de $, contre 119 milliards pour la Chine et 58 milliards pour la Russie). Le programme PRISM de la NSA révèle que les EU restent les seuls en cpapacité de surveiller l'ensemble des communications du monde entier. C'est un aspect de leur smart power. Pour Fareed Zakaria, «  à ce jour l’Amérique reste encore la seule et unique superpuissance planétaire, mais une puissance affaiblie » ( p. 302).

 

Déterminisme : point de vue qui accorde une place prépondérante aux conditions naturelles dans l’analyse du développement des sociétés.

 

Conclusion :

La domination exercée par les Etats-Unis connait donc des failles et des remises en causes. Elle reste cependant, quand même une superpuissance dans la mesure où elle est la première dans bien des domaines en dépit de la concurrence et de la contestation. Les Etats-Unis étaient-ils voués à devenir une superpuissance ? S’il est vrai que les potentialités du territoire sont nombreuses, seule une mise en valeur très volontaire et efficace a pu en faire des atouts pour l’économie. Pour élargir la réflexion, on peut se demander si les Etats-Unis ont cherché à dominer les autres nations ? Au 19ème siècle la volonté de contrôler un environnement proche est réelle. Il s’agit, notamment de satisfaire des intérêts économiques. Mais les Etats-Unis ne cherchent pas à s’immiscer dans les affaires du vieux continent.  Cependant, dans la première moitié du 20ème siècle, les nations européennes s’affaiblissent à se disputer le leadership. Au sortir de la seconde guerre mondiale, ce sont donc les EU et l’URSS qui se partagent  des aires d’influence en Europe puis dans le monde. La guerre froide peut donc commencer. Chacune des deux superpuissances cherche à dépasser l’autre. C’est cependant, l’URSS qui s’épuise la première. Les EU auraient pu à ce moment là avoir une tentation hégémonique, mais des menaces, des difficultés, et la concurrence obligent les Etats-Unis à tenir compte de leurs faiblesses et des autres puissances.

 

 

Auteur : Nérée Manuel

Bibliographie :

ZINN H., Une histoire populaire des Etats-Unis, Agone, 2002

ZINN H., « Nous, le peuple des Etats-Unis… », Agone 2004

GERE F., Pourquoi les guerres ? Un siècle de géopolitique, 20.21 d’un siècle à l’autre, Larousse, 2002 

FOUCHER M., Les nouveaux (dés)équilibres mondiaux, documentation photographique, la documentation française, n°8072, nov-dec 2009

LACOSTE Yves, Géopolitique, la longue histoire d’aujourd’hui, Larousse, 2008

VICTOR J-C, RAISSON V, TETART F. Le Dessous des cartes. Atlas géopolitique. Editions Arte-Tallandier, 2005.

GROSSER  P., La Guerre Froide, Documentation Photographique, la documentation Française, Dossier n° 80055, 2007.

ZAKARIA F., Le monde post-américain, Tempus, PERRIN, 2009.

 

Dernière mise à jour : 11-14

 

Contrat Creative Commons