TES

Les modèles américain et soviétique et leur évolution dans les années 50 et 60


La constitution américaine est publiée en 1787, elle connaîtra par la suite de nombreux amendements. La constitution de l'URSS est revue en 1936 par Staline. Ces textes dont le rôle est de définir la répartition des pouvoirs, les relations entre citoyens et institutions, précédent donc la période qui nous intéresse. Cependant ces cadres prennent un sens nouveau dans le contexte de la guerre froide qui naît au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, E-U et URSS s'affirment désormais comme des modèles.
Existe-il des principes communs à ces modèles ? Partagent-ils les mêmes valeurs ? Quels sont les éléments qui les distinguent ? Quelles sont leurs limites respectives ?

 

I  Des principes communs affirmés et affichés.
a) L'affirmation de la démocratie.

Les deux régimes affirment être démocratiques.
Pour les Etats-Unis, le modèle est celui de la démocratie libérale
Démocratie libérale : régime où les libertés fondamentales sont respectées et où existent plusieurs partis politiques.
Le système représentatif s'appuie sur le suffrage universel pour désigner les représentants.
Celui-ci est indirect lorsqu'il s'agit des élections présidentielles.
Le principe de séparation des pouvoirs est respecté.
Le Président est chef de l'exécutif. Il est à la fois chef de l'Etat, du gouvernement et de l'armée. Il négocie les traités internationaux. Il nomme son administration. Le gouvernement n'est d'ailleurs responsable que devant lui.
Le Congrès exerce le pouvoir législatif. La Chambre des Représentants est élue pour deux ans comprend 435 membres. Le Sénat (renouvelable par tiers tous les deux ans) comprend 100 membres élus pour 6 ans.
La Cour Suprême détient le pouvoir judiciaire. La Cour est constituée par un groupe de 9 juges nommés à vie par le Président. Elle juge les différents entre les Etats et l'Etat fédéral, entre les citoyens et l'Etat. Elle peut annuler les lois votées par le Congrès et les décrets du Président.
Les américains sont également très attachés aux libertés fondamentales.
Pour l’URSS, le modèle est celui de la démocratie populaire. 
Démocratie populaire : régime où il n'existe qu'un parti, le parti communiste qui représente la classe ouvrière.
En principe : le peuple a le pouvoir. Le suffrage universel est affirmé dans la constitution de 1936 dont Staline dit qu'elle est " la plus démocratique du monde ".
Le suffrage universel permet de désigner un pouvoir législatif " le soviet suprême ".
L'exécutif est confié à un pouvoir collégial élu par l'ensemble des députés " le praesidium ".
La constitution affirme d'autres droits : égalité des sexes, liberté de conscience , de parole, de presse, de réunion, d'association ou de pétition et des droits sociaux ( loisirs, instruction et travail)
b) L'affirmation du principe fédéral.

Les deux Etats sont en principe des Etats fédéraux.
Les Etats-Unis d'Amérique.
Les Etats-Unis forment un Etat fédéral. Chacun des 50 états possède sa constitution, son gouverneur et deux chambres (à l'exception du Nebraska). Leurs pouvoirs sont assez importants dans le domaine de la justice ou de l'enseignement.
L'Union des Républiques socialistes soviétiques.
L'URSS est en principe selon la constitution, un état fédéral. Par exemple, pour faire un petit retour en arrière, la constitution de 1924 prévoyait que les Républiques créées entre 1918 et 1923, pourraient jouir d'une certaine autonomie, tout en léguant à l'instance fédérale leurs compétences dans les domaines de la diplomatie, de la défense, de la police, de la monnaie, et de la planification économique.

c) Le patriotisme, une valeur commune aux deux Etats.

Le patriotisme serait la seule valeur également partagée par les deux pays dans un contexte de guerre froide.
Il est fort présent aux Etats-Unis. On peut même parler de nationalisme tant l'amour du drapeau est grand. En URSS, le nationalisme présenté comme soviétique mais essentiellement russe est mis en avant par Staline et Jdanov. Il se mue en antisémitisme d'ailleurs dans les années 50. Entre 1949 et 1951, des purges massives frappèrent des membres juifs du parti et des intellectuels. Quelque mois avant la mort de Staline en 1953, se préparait le procès des " médecins assassins " ou procès du " complot des blouses blanches " où des médecins juifs furent accusés d'avoir miné la santé de Staline.

Conclusion : Sur le principe, les références affichées par les deux modèles sont les mêmes. En est-il de même du point de vue de la réalité et du fonctionnement des institutions ?
II Mais des modèles foncièrement différents.
a) Des fonctionnements politiques différents.
Le système politique américain est un régime présidentiel qui reste strictement démocratique. 
On observe en effet qu'aux Etats-Unis a été établi un régime présidentiel dont la seule limite est l'existence d'une procédure d'impeachment qui permet au Congrès de renverser le président en cas de trahison ou de forfaiture.
Forfaiture : Crime commis par un fonctionnaire dans l'exercice de sa fonction.
Le bipartisme américain.
Deux partis dominent la scène politique américaine :
Le parti démocrate fut fondé par Jefferson en 1792. C'est un caricaturiste républicain, Thomas Nast, qui représente pour la première fois le parti Démocrate sous la forme d'un âne en 1870. Les Démocrates sont plus modérés que les Républicains. Dans le domaine économique et social, ils acceptent en général plus facilement l'idée d'une intervention de l'Etat. Mais attention, les exceptions sont nombreuses. Ainsi, Clinton a-t-il brisé un mythe en étant le président Démocrate qui a réalisé des coupes budgétaires dans le domaine social. D'un point de vue moral et religieux, les Démocrates sont en principe progressistes, comme l'illustrent leurs positions sur la question de la peine de mort et de l'avortement.
Le parti républicain fut crée en 1854. Il est représenté depuis 1874 par un éléphant à la suite d'une caricature faite du général Ulysses Grant.
Dans le domaine économique, les Républicains sont en principe plus strictement libéraux que les démocrates. Les Républicains, plus encore que les Démocrates, sont extrêmement méfiants quant au pouvoir de l'Etat fédéral. Ils sont en général attachés aux principes religieux, et défendent une Amérique puritaine et traditionaliste. Ainsi, les Républicains prônent la défense des valeurs familiales, le respect du drapeau, et sont opposés à l'avortement. On peut donc les qualifier de conservateurs. Mais notez bien qu'à l'origine le parti Républicain se place comme un parti abolitionniste, c'est à dire désireux de mettre fin à l'esclavage.
Il existe également aux Etats-Unis des candidatures indépendantes même si elles n'ont aucun poids réel dans les élections. On peut citer le cas de Ross Perrot, milliardaire, candidat à plusieurs reprises aux élections présidentielles.

 

En URSS, Staline met en place un système totalitaire à parti unique.
C'est le parti qui détient le pouvoir au nom de l'idée selon laquelle le PCUS est l'avant garde du prolétariat qu'il représente. Le système de listes de candidats uniques définies par le parti limite l'expression de la souveraineté populaire.

En réalité, au sommet du parti, Staline dirige seul.
Il est secrétaire général du PC, président du conseil de ministres et maréchal de l'armée rouge. Il contrôle toutes les nominations des cadres du parti.
Les organisations politiques sont peu ou rarement réunies : le congrès n'est jamais réuni entre 1939 et 1952, le comité central est réuni deux fois seulement en 1945 et en 1962.
Elimination de l'opposition et moyens de la terreur.
L'élimination des principaux adversaires politiques est déjà réalisée. Le parti communiste a été purgé à l'occasion de la grande terreur de 1937-1939.
Beria dirige le NKGD( Narodnyï Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti, "Comité du peuple pour la sécurité de l'État" qui succède au NKVD( Narodnyï Komissariat Vnoutrennikh Diel ) " Commissariat du peuple aux Affaires intérieures ".
Les opposants politiques sont envoyés dans des goulags (abréviation de Glavnoïe oupravlienïe Laguierieï (Direction principale des camps) Ce terme désigne par extension les camps de travail.
Toute opposition est éliminée même si elle n'existe pas.

Le culte du chef.
Dès avant la seconde guerre mondiale se développe un véritable culte du chef qui déifie véritablement Staline.
Exemple : en 1948 paraît une biographie abrégée (en plusieurs volumes) de Staline où on peut lire que Staline est " le plus grand des chefs " et " le plus grand stratège de tous les temps ".
La réalité d'un pouvoir centralisé en URSS.
Il s'agit plus d'un Etat centralisé que d'un état fédéral. Les décisions viennent d'en haut. Dans les institutions importantes, les républiques sont faiblement représentées.
Conclusion : On peut donc affirmer que le système Stalinien est un système totalitaire où le fédéralisme et la démocratie ne sont que de façade .

 

b) Des logiques économiques opposées.  
Le libéralisme, base du système économique américain.
Le libéralisme est le principe selon lequel l'économie se régule seule sans intervention de l'Etat.
Etatisation et collectivisation, bases du système économique soviétique.
En URSS, l'économie est planifiée.
Planification : Le système économique est dirigé sur la base de plans établis par un organisme : le gosplan. Celui-ci définit les besoins de la population et les productions nécessaires pour les satisfaire. En principe les plans sont établis pour 5 ans.
Des secteurs importants de l'économie sont nationalisés.
Nationalisation : l'état devient propriétaire des moyens de production.
L'agriculture est collectivisée.
Kolkhose : coopérative d'exploitation qui reçoit les terres de l'Etat propriétaire du sol. Le salaire du Kolkhosien dépend du temps de travail et des revenus du kolkhose.
Sovkhose : ferme d'état placée sous l'autorité d'un directeur. Chaque travailleur reçoit un salaire fixe comme un ouvrier d'usine.
L'état contrôle également le commerce extérieur.


b) Des valeurs spécifiques.
Les valeurs spécifiques de la société américaine.
Le poids du religieux dans la société américaine.
Derrière une apparence de religiosité, la Constitution américaine et la Cour Suprême sont les garants d'une véritable séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cependant, la religion garde un poids important dans la société américaine. Les présidents américains prêtent serment sur la bible, par exemple. C' est un héritage du premier peuplement européen de l'Amérique du nord.
L'image du pionnier.
Le mythe américain s'est construit sur la confiance en l'initiative individuelle et l'esprit de conquête.
" Go west young boy ", conquête de l' espace ," self-made man".

La société américaine est en principe multiculturelle, basée sur le mythe du melting pot.
Melting pot : Idée selon laquelle les immigrants se fondraient dans un creuset assimilateur aux Etats-Unis. Certains considèrent aujourd’hui que le principe du creuset assimilateur a disparu au profit d’une simples coéxistence des communautés. On parle alors de Salad Bowl.
Les valeurs spécifiques de la société soviétique.
La non-reconnaissance des nationalités.
En principe, le communisme doit permettre avec la disparition des classes, la disparitions des nations. En réalité, c'est à un véritable processus de russification auquel on assiste dans les républiques soviétiques. Des déportations ont lieu dans les RSS où existent des résistances nationalistes. Par exemple, entre 1940 et 1953, 200 000 baltes sont déportés. Entre , 1944 et 1952, 172 000 partisans ukrainiens sont envoyés en Sibérie et au Kazakhstan.
La négation de la liberté religieuse.
Le marxisme léninisme considère la religion comme aliénante. Elle est qualifiée d'opium du peuple. Le démantèlement des églises fut donc l'une des priorités de Staline dans l'après guerre.
L'individu s'efface devant l'intérêt commun.
Ce principe est particulièrement à l'œuvre dans les structures d'encadrement de la jeunesse comme les Komsomols par exemple.

III L’évolution des modèles dans les années 50, reflet des limites de chacun d’entre eux.

a) La remise en cause du Stalinisme et ses limites

Sous Khrouchtchev, la volonté affichée d'en finir avec le Stalinisme.

L'élimination des fidèles de Staline.

Beria, chef du NKGB, est d'abord écarté du pouvoir puis il disparaît de façon obscure. Juin 53 au moment de son arrestation ou décembre 1953 à la suite d'un procès ?

Malenkov est écarté du pouvoir puis en 1957, il est nommé directeur d'une usine dans une région éloignée.

Molotov, commissaire aux affaires étrangères est nommé ambassadeur en Mongolie.

Rem : C'est une nouveauté, désormais l'élimination politique n'est pas synonyme d'élimination physique.

Libération de millions de détenus politiques.

Les institutions politiques importantes sont réunies plus régulièrement. Ex : Le comité central du PC est réuni 6 fois entre 1953 et 1953.

Les révélations.

En 1956, à l'occasion du XX ème congrès du PC, K. lit un rapport où sont avoués les crimes staliniens. K. y dénonce également, en particulier, le développement du culte du chef.

De nouvelles priorités socio-économiques.

K. souhaite développer l'industrie de consommation et d'équipement. Il veut augmenter les capacités de logement en URSS. Le temps de travail est diminué. L'âge de la retraite est abaissé. (55 ans pour les femmes 60 ans pour les hommes).

En politique étrangère, K renoue avec Tito. Apparaît l'idée selon laquelle il peut exister plusieurs voies.

Il réforme l'éducation en la rendant plus égalitaire. (enseignement secondaire gratuit, bourses attribuées selon le niveau de ressource)

Conclusion : Sous K. le système politique n'est plus totalitaire, le régime est moins personnel. Mais y a-t-il rupture avec le modèle soviétique ?

Les limites de la rupture avec le Stalinisme.

D’abord Khrouchtchev refuse de rompre avec le modèle soviétique.

Le parti conserve le monopole du pouvoir. Les réformes politiques de K. se limitent au sommet de la hiérarchie politique.
Il n'y a pas d'extension de la démocratie. La population reste surveillée. En 1954, le NKGB devient KGB.

Il faut évoquer, par exemple, les persécutions subies par Boris Pasternak, auteur de Docteur Jivago.

Le contrôle des démocraties populaires.
Dans les pays frères, on peut rompre avec le Stalinisme mais pas avec la démocratie populaire. En 56, des soulèvements éclatent en Pologne et en Hongrie. Gomulka maintient le principe de démocratie populaire alors que Imre Nagy en Hongrie souhaite abandonner ce modèle. L'insurrection hongroise est donc réprimée par les chars russes. Imre Nagy se réfugie dans l'ambassade de Yougoslavie, Il n'en sort que contre la promesse de la liberté. Il est enlevé emprisonné en Roumanie et condamné à mort en 58 par un tribunal soviétique.

K. échoue sur le plan économique.

Il est confronté à l'opposition de la nomenklatura qui voit ses privilèges menacés.

Nomenklatura : Liste des fonctions administratives les plus importantes dans le système soviétique. Par extension, désigne la classe de privilégiés.

Enfin, il recule en 62 à l'occasion de la crise de Cuba.

K. est donc finalement à son tour écarté du pouvoir en 1964. On l'accuse notamment d'avoir mis en place un pouvoir personnel.

Conclusion : Si K. rompt avec certains aspects du stalinisme, il ne rompt pas avec les principes de la démocratie populaire. Seulement ses réformes lui attirent une certaine hostilité. On peut noter que dans le régime soviétique, il existe tout de même des limites au pouvoir personnel.

Sous Brejnev : immobilisme et renforcement de l'autorité.

Au départ, le pouvoir et collégial. Trois hommes forment une troïka où en principe les pouvoirs sont partagés. Brejnev est secrétaire général du parti, kossyguine (premier vice-président du Conseil des ministres de l'URSS -chef du gouvernement), Podgorny président du présidium du soviet suprême chef de l'Etat). Progressivement, Brejnev prend l'ascendant sur les autres hommes politiques.

Avec Brejnev c'est en quelque sorte la nomenklatura qui prend le pouvoir .

Les adversaires du régime sont arrêtés.

Au sujet des démocraties populaires, est établie une doctrine Brejnev selon laquelle les démocraties populaires ont une souveraineté limitée. La priorité est accordée à l'internationalisme. Au Vietnam et au Cambodge les communistes cherchent à étendre le modèle.

Conclusion : K. rompt avec le stalinisme , mais pas avec la démocratie populaire. Il poursuit d'ailleurs les relations de domination entretenues par l'URSS avec ses Etats satellites. Brejnev le suit dans cette voie, mais avant de renouer avec la personnalisation du pouvoir, son autorité est caractérisée par un retour à l'immobilisme.

b) L’apogée et les doutes du modèle américain.

L’affirmation sur le plan international du modèle américain dans les années 50.

Le leadership des Etats-Unis sur la scène internationale.

La puissance américaine dans le domaine de la politique étrangère est confortée par le bloc qui est en train de se constituer autour des Etats-Unis. (Voir leçon sur la guerre froide). Les Etats-Unis prennent la tête des démocraties libérales.

Durant cette période, la puissance économique américaine s'affirme également. En 1955, les Etats-Unis réalisent 50% de la production de biens mondiaux.

Le temps de la prospérité

Entre 1953 et 1963, le PNB américain augmente de 25 %. Le niveau de vie moyen des américains augmente. Les ménages se fournissent en biens d'équipement. En 1960, par exemple , 80 % des familles possèdent déjà des téléviseurs.

On assiste au développement de la classe moyenne, celle des cols blancs ( employés aisés).

C'est à ce moment que se développe l' " American way of life ". Les fast-food se multiplient, une véritable civilisation de la voiture apparaît. La télévision crée ses propres mythes et références.

Les limites du modèle dans les années 50 et 60

Des inégalités sociales. En 1947, 4 familles sur 5 ont des revenus inférieurs à 5000$ /an.

Les progrès difficiles des droits civils pour les noirs américains.

C'est notamment l'œuvre de la Cour Warren du nom du président de la Cour Suprême (1953-1969). Elle affirme le principe d'égalité de tous les citoyens américains y compris des minorités. Par exemple, en 1954, la Cour Suprême rend la ségrégation à l'école anti-constitutionnelle. Seulement les pratiques ségrégationnistes ont la vie dure. En 1955 , Martin Luther King est encore obligé d'appeler au boycott des compagnies de transport qui pratiquent la ségrégation. De même, en 1957, il faut l'intervention des troupes fédérales pour faire admettre des enfants noirs dans une école à Little Rock.

Le Maccarthysme.

Il ne faut pas oublier non plus que dans ces années là, dans le contexte de la guerre froide, sévit le Maccarthysme. En effet, entre 1950 et 1954, Joseph McCarthy , sénateur républicain du Wisconsin, organise une véritable "chasse aux sorcières" prétendument destinée à éliminer le danger communiste de l'intérieur. Des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels font l'objet d'enquêtes. Les époux Rosenberg sont même exécutés à la suite d'un procès bâclé pour trahison.

La liberté d’opinion principe fondamental de la démocratie américaine est donc remise en cause.

L’espoir Kennedy.

Kennedy lance une  politique de la " nouvelle frontière ". Il s’agit d’engager les EU sur la voie de la conquête de l’espace, de la lutte pour l'égalité des Noirs et des Blancs, de la relance de l'économie, de  l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde

Dans le cadre de cette politique, est proposé  un programme d'assurance médicale pour les personnes âgées ( Medicare), un projet d'aide à l'instruction et la suppression de la discrimination raciale dans les lieux publics. En 1961, les agents fédéraux interviennent dans l’Etat du Mississippi pour permettre l’inscription d’un étudiant noir à l’Université. Kennedy soutient Martin Luther King, et le rencontre lors de sa marche sur Washington en 1963.

Les doutes de la démocratie américaine.

Les assassinats

En 1963, John Fitzgerald Kennedy est assassiné par Lee Harvey Oswald .En 1968, le pasteur Martin Luther King et Robert Kennedy, frère et conseiller du président, lui-même candidat démocrate aux élections présidentielles sont assassinés.

La radicalisation de la contestation.

Les minorités :

L'action des minorités pour la revendication de leurs droits se radicalise. Ainsi en 1964 des émeutes éclatent dans 100 villes.Dans la communauté noire des mouvements séparatistes apparaissent. C'est le cas des Blacks Muslims qui refusent tout contact avec les blancs et dont certains demandent la création d'une nation noire séparée. Le Black Power dont Malcolm X fut un précurseur a pour objectif d'amener la communauté noire à prendre conscience de ce qu'elle est, de ses racines, de son histoire, de sa culture et à s'organiser. Cette idée est reprise par le Black Panther Party, créé en 1966 par Bobby Seale et Huey Newton à San Francisco. Ces derniers soulignent dans leur programme que les Noirs doivent s'armer pour se défendre. Rejoints au printemps de 1967 par Eldridge Cleaver, ils se rendent célèbres par leurs patrouilles dans les ghettos, armés de mitraillettes, portant bérets et vestes noirs en vue de protéger leurs frères de couleur contre les brutalités de la police.

Les autres minorités se manifestent. En 1969, les indiens occupent la prison d'Alcatraz soutenus par les noirs et les chicanos.

La contestation estudiantine.

La guerre du Vietnam et le rejet de la société de consommation sont à l'origine d'une profonde contestation. Dès 1964, éclate la première révolte universitaire à Berkeley. Des artistes aussi dénoncent cette société. Le pop art en est une manifestation.

Le leadership mondial difficile à maintenir.

Johnson engage officiellement, les Etats-Unis dans le conflit du Vietnam. Mais le succès attendu ne vient pas . les Etats-Unis s'enlisent. En 1967, on dénombre déjà 15 000 morts américains . L'image des E-U champion de la liberté et de la paix est ternie. (Ils y ont perdu plus de 50 000 hommes. Le conflit a fait plus de 300 000 blessés et à coûté 150 milliards de $).

Les Etats-Unis redorent leur blason en plaçant le premier homme sur la lune en juillet 1969.

 

Conclusion :

Dans les années 50, pendant l'un des sommets de la guerre froide s'affrontent deux modèles qui mettent en avant quelques principes communs : la démocratie, le fédéralisme. Cependant en réalité c'est un véritable système totalitaire qui est en place sous l'autorité de Staline. Le système politique américain peut être qualifié de démocratique mais il n'est pas sans connaître quelques lacunes graves notamment dans le domaine de l'égalité et de certaines libertés fondamentales pourtant chères aux américains. A l'exception du patriotisme, les valeurs américaines et soviétiques sont profondément différentes. L'individu et la religion sont loin d'avoir la même place dans les deux sociétés.

 

Par la suite, si  Khrouchtchev  rompt avec le stalinisme, il n’abandonne pas les principes de la démocratie populaire et du marxisme-léninisme. La contestation reste impossible. Ce n’est pas le cas par contre aux EU. Dans les années 60, les présidents démocrates développent l'intervention de l'Etat pour compenser avec difficulté certaines limites du modèle. Cela n’empêche pas une certaine radicalisation de la contestation. Dans ce contexte, troublés par les assassinats de JFK, MLK et RK, certains américains doutent de leur modèle.