La façade atlantique des Etats-Unis est un
espace de plus de 4000 km de long qui s'étend du Saint-Laurent à la frontière du
Mexique. Cette position semble faire naturellement de la façade Atlantique une
interface privilégiée. Une interface est
une zone de contact et d'échanges entre deux espaces. Si tel était le cas, la
façade atlantique des EU relierait un arrière-pays continental à un avant pays
océanique, les Etats-Unis au reste du monde et plus particulièrement aux deux
autres pays de l'ALENA.
Interface
: zone de mise en contact entre deux pays, deux régions ; en général des
frontières ; lieux d’échanges, de passage mais aussi parfois de fermeture.
Distinguer les interfaces maritimes, continentales, les interfaces ouvertes,
fermées.
Alors, s’agit-il d'une interface active ?
Participe-t-elle à la puissance des Etats-Unis? Est-elle concurrencée ?
S'agit-il d'un espace homogène, d'une interface continue ?
I Une interface ouverte sur le monde et
contribuant à la puissance américaine.
a) Une interface historique.
C'est par la façade atlantique que s'est
faite la conquête et la pénétration européenne. Cette façade est d'ailleurs
restée l'interface privilégiée des relations avec l'Europe. Pour le 19ème et le
début du 20ème siècle, on peut se remémorer l'arrivée des migrants Européens à
Ellis Island.
b) Une interface ouverte sur le monde.
Il y a le long de la FAEU plusieurs "Portes
océaniques" constituées par les zones portuaires du Saint-Laurent( Québec) , de la mégalopolis, et du Golfe du Mexique. Elles
constituent 3 façades maritimes majeures. Au total, elles représentent 1 300
millions de tonnes de trafic international par an.
On trouve dans cet espace des aéroports de
dimension mondiale, des hubs qui connectent les lignes intérieures et les
grandes lignes internationales. Chicago, New York, Houston, etc...
Cette interface est particulièrement reliée à
l'Europe. L’Europe représente 20 % des échanges réalisés par l'ALENA.
Hub : plate-forme
aéroportuaire vers laquelle convergent les lignes long courrier et les lignes
intérieures.
On peut dire que Chicago est un hub de
dimension mondiale.
c) Des centres de commandement de dimension
mondiale.
La FAEU compte plusieurs mégapoles de
dimension mondiale comme par exemple, New York.
NY possède tous les attributs d'une grande
métropole à vocation mondiale (20 millions d'habitants, des lieux de pouvoir de
rang mondial (ONU- depuis 46, Wall Street, et 150 sièges sociaux de FTN). Elle
symbolise la puissance américaine comme l'ont prouvé les attentats du 11-09-01.
A cette liste, on peut ajouter Chicago,
Washington et Houston.
II Un espace jalonné par des interfaces de
dimension continentales.
a) L'axe laurentien et les Grands Lacs, une
zone d'échange majeure.
C'est une interface active qui participe aux
échanges dans le cadre de l'ALENA entre les E-U et le Canada : en 2002, le
volume des échanges entre les deux pays s'est élevé à 440 milliards de $. L’économie
canadienne dépend à 40% de l’économie américaine. En 2006, les Etats-Unis ont
absorbé 75 des exportations canadiennes.
Le Saint-Laurent et les Grands Lacs
constituent une voie d'eau où circule une quantité importante de marchandises.
Il faut noter que les échanges de
marchandises, de capitaux et les flux de personnes sont bilatéraux.
ALENA :
association de libre échange constituée en 1994. Elle associe le Canada, les
États-Unis et le Mexique. Cette association ne permet pas la libre circulation
des personnes. Les Américains absorbent 85 % des exportations de leurs
partenaires, Ils fournissent en échange au Canada les deux tiers de leurs
importations et au Mexique les trois quarts.
b) La Mexamérique.
Entre les E-U et le Mexique, les relations
transfrontalières sont nombreuses. Sur l’ensemble de la frontière, le commerce
représente 225milliards de dollars. En 2006, les E-U furent la destination de
79% des exportations mexicaines. Les maquiladoras et
les twin plants cherchent à utiliser les disparités
de traitements pour produire à moindre coût. Par ailleurs, de part et d’autre
de la frontière, se sont développées des villes doublons ( twin cities) dont une part
du dynamisme s’explique par l’effet frontière (Corpus Christi-Matamoros).
Maquiladoras
: Au Mexique, entreprise de production industrielle de franchise américaine ou
asiatique bénéficiant de détaxations qui lui permettent de produire souvent à
partir de pièces détachées importées et d'exporter, vers les États-Unis
principalement. Il convient de noter que les maquiladoras
se développent également à l’intérieur du Mexique.
Twin
plants : Établissements industriels et commerciaux
qui se partagent les activités de part et d'autre de la frontière
américano-mexicaine : commandement, gestion, recherche côté États-Unis;
ateliers de production employant une main-d’œuvre peu payée coté Mexique.
Twin
cities ou villes doublets:
villes jumelles dont l’urbanisation se prolonge de part et d’autre de la
frontière. On en compte 10 sur les 3200 km de frontière entre les EU et le Mexique.
c) Une interface avec l'espace intérieur.
Le Saint-Laurent, les grands Lacs et le
Mississipi ont très tôt constitué des axes de pénétration majeurs dans les
régions continentales.
Les "ponts transcontinentaux"
ferroviaires
(Nouvelle-Orléans-Dallas-Los Angeles ou New York-Chicago- Seattle) jouent
aujourd’hui ce rôle d’axes de pénétration à l’intérieur du pays.
III La façade, ses dynamiques et ses
sous-ensembles.
a) Les disparités de la façade atlantique de
l’Amérique du Nord.
La FAEU, présente une certaine diversité des milieux. Du nord au sud, on trouve une zone au climat continental ouverte aux masses d'air froides, des zones de climats tropicaux et subtropicaux, soumises aux cyclones mais attractive compte tenu de l'ensoleillement. Enfin, vers l'intérieur dans la région mexaméricaine, on trouve un climat aride. La FAEU est aussi caractérisée par un inégal peuplement. Se succèdent, en effet, des espaces denses en population et fortement urbanisés, surtout la côte nord-est des États-Unis et des espaces plus faiblement peuplés.
On observe aussi des disparités fiscales à l'intérieur des Etats. Ainsi, la fiscalité
est également plus légère au Texas et en Floride que dans les autres États des
États-Unis.
b) Une façade animée par des flux de
différentes natures.
Il s’agit pour commencer de flux internes.
Par exemple, des flux de capitaux, d’actifs et d’activités se dirigent
désormais de la région du Nord-est vers les états dynamiques du croissant
périphériques, parmi lesquels figurent deux états de la façade
Atlantique : le Texas et la
Floride. Ce dernier Etat attire par ailleurs de nombreux touristes et retraités
sensibles à l’héliotropisme.
Les frontières avec le Mexique et le Canada
sont par ailleurs animées par des flux
importants de marchandises. Dans le cas de la frontière avec le Mexique,
l’immigration mexicaine est fortement contrôlée Boeing a obtenu un contrat de 2,5millards
de $ pour construire un réseau de 1800 tours sur les deux frontières terrestres
des EU. (Il y a cependant aux États-Unis, 5 millions de Mexicains en
situation illégale dont se satisfait l’économie américaine).
On observe aussi des flux de capitaux entre
les trois pays.
Héliotropisme :
attraction exercée par les réions ensoleillées.
c) Métropolisation et littoralisation, des
dynamiques de la FAAN.
On assiste, en effet, à un renforcement de la littoralisation. Les activités se concentrent
dans les zones industrielles de la FAAN et se développent dans les pôles qui
jalonnent le Mississipi, les ponts transcontinentaux et l'axe du Saint-Laurent
et des Grands Lacs. Le phénomène de métropolisation
est marqué sur la façade Atlantique des
Etats-Unis en particulier dans la mégalopole.
Métropolisation :
tendance à a concentration de la population et des fonctions les plus
stratégiques dans les agglomérations du sommet de la hiérarchie urbaine.
Mégalopole :
espace urbanisé de façon continue associant plusieurs agglomérations. La
mégalopole est parcourue par un réseau dense de moyens de communication. Dans
le monde, les mégalopoles jouent souvent un
rôle d’interface.
d)Une
typologie des espaces de la façade atlantique de l'Amérique du Nord.
Le centre.
La Manufacturing Belt. c'est un centre économique
ancien qui à connu une crise sévère mais qui connaît un réel renouveau
économique. On y trouve de nombreuses activités industrielles
, des centres de haute technologie, des zones industrialio-portuaires
majeures. La manufacturing Belt
abrite la mégalopole constitue toujours un des centres du monde politique,
économique, culturel.
La mégalopole : Il s'agit d'un chapelet
de villes de taille moyenne et de mégalopoles, dont la situation est
privilégiée : littoraux et fonds d'estuaires biens reliés à l'espace intérieur.
L'urbanisation est quasi continue sur 1000 km desservie par un réseau de
communication très dense et pourvue d'un double front d'eau intérieur (Grands Lacs ) et extérieur ( Façade maritime du Nord-Est).
La mégalopole abrite 20% de la population
américaine ( 66 millions d'hab.) sur un territoire qui
ne représente que 2 % du territoire.
Cœur de la production industrielle et haut
lieu du tertiaire supérieur, elle participe à hauteur de 40 % du PNB américain.
Les
périphéries intégrées
Les régions motrices du Sud des États-Unis,
organisées autour de grands foyers urbains (Dallas, Orlando, Miami) au
renouveau industriel et tertiaire, bénéficient de législations ultra-libérales qui attirent les entreprises innovantes.
L'héliotropisme de cette partie de la Sun Belt
renforce a la fois l'activité touristique et
l'implantation récente de nouvelles communautés de retraités, notamment en
Floride.
La Mexamérique est
un espace dynamisé par les implantations de maquiladoras,
de twin plants. Cette zone est très urbanisée. C’est
un espace qui en réalité s’étend du Texas à la Californie qui dépasse donc le
cadre de notre programme. Il est caractérisé du coté américain par une forte
proportion d'hispaniques dans la population et par une imprégnation culturelle
latino-américaine.
Des périphéries moins intégrées mais pas
marginalisées.
Il existe des zones intermédiaires
correspondant au "Vieux Sud". Le peuplement n'est pas très important.
il s'agit d'États qui ont connu des difficultés mais
qui sont aujourd'hui dynamisés par des pôles comme Atlanta.
Conclusion:
La façade atlantique des Etats-Unis est donc,
effectivement, une interface active reliant les États-Unis au reste du monde et
à l'Europe en particulier. Les activités, les centres de commandement font de
cette zone un espace majeur de l'économie mondiale contribuant à la puissance
américaine. Cette interface permet d'ailleurs grâce à plusieurs axes de
pénétration d'intégrer les espaces de l'intérieur à la mondialisation. Dans le
cadre de l'ALENA, des flux plus ou moins désirés animent les frontières entre
les trois états d'Amérique du Nord.
Cependant, cette façade est un espace
discontinu. On observe en effet une alternance de centres majeurs et de
périphéries plus ou moins intégrées. La contribution à la puissance des
Etats-Unis est donc inégale.
Dernière mise à jour : 02/11