L’Asie orientale : une aire de puissance en expansion.
L’Asie orientale (AO) est définie comme la façade orientale
de l’Eurasie. Cependant, le programme
fait rapidement apparaître des
problèmes de définition du sujet en nous invitant à l’étude non seulement
de la Chine littorale et de la Corée du Sud mais aussi de Taiwan, du Japon en négligeant la Russie
orientale et l’Asie du Sud-est. L’espace limité par les instructions
officielles comprend donc une façade littorale tronquée et des espaces
insulaires.
Ce n’est pas la moindre des interrogations suscitées par le
sujet. La puissance d’un Etat
correspond à sa capacité d’influer sur
les autres. Les critères de la puissance sont nombreux : l’ampleur du
territoire et sa maîtrise, le poids démographique, l’influence stratégique et
la force militaire , la richesse économique et financière, la capacité
d’innovation technologique, le rayonnement culturel, linguistique, intellectuel
ou idéologique. Une aire de puissance peut alors être définie comme un ensemble
d’Etats ou de régions qui en combinant ces critères occupe une place
prépondérante dans l’organisation géographique du monde. L’aire géographique
définie plus haut correspond-elle à ces critères ?
Autre ambiguïté, l’AO est qualifiée d’aire de puissance en
expansion. De quelle expansion s’agit-il ? S’agit-il d’une expansion
économique ou spatiale ? Assiste-t-on à
la combinaison des deux phénomènes ?
Les questions posées par ce sujet sont donc nombreuses.
Elles peuvent être résumées de la façon suivante :
L’Asie Orientale est-elle vraiment une aire de puissance en
expansion ?
Elles peuvent être schématisée de la façon suivante :
|
Echelles |
Notions |
Unité |
Puissance |
Expansion |
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Locale Les différentes régions des Etats de l’AO. |
Les espaces de l’AO sont-ils homogènes ? |
Quels espaces régionaux contribuent à la puissance de
l’AO ? |
Quelles sont les conséquences territoriales de
l’expansion ? |
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Régionale Aire de l’Asie orientale. |
Toutes les Etats de l’ AO connaissent-ils une
expansion ? Quels sont les pôles majeurs de l’AO ? Quels sont les espaces périphériques ? |
Quels sont les facteurs endogènes, internes de la
puissance de l’AO ? Quels sont les pôles d’impulsion du développement de
l’AO ? Comment se manifeste la puissance de l’ AO ? Quels flux animent l’AO ? |
Sur quelle aire s’étend l’expansion économique de
l’AO ? L’expansion économique connaît-elle des limites ? |
|
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Mondiale L’AO et le reste du monde. |
L’AO constitue-elle une aire de puissance par rapport au
reste du monde ? Concurrence-t-elle l’Europe et les Etats-Unis ? Existe-il une construction régionale dans l’AO ? |
Quels sont les facteurs exogènes, externes de la puissance
de l’AO ? |
Quelles sont les conséquences dans un espace économique
mondialisé de l’expansion de l’Asie pacifique ? |
|
En répondant à ces
questions, on parvient à répondre à la problématique du sujet.
I Les facteurs de puissance de l’Asie orientale.
Diversité des facteurs, des phases et
des foyers. (12 p 219)
Quels sont les facteurs endogènes, internes de la puissance
de l’AO ?
Quels sont les pôles d’impulsion du développement de
l’AO ?
a) Les facteur endogènes.
-Des pôles anciens de développement.
La Chine un foyer de civilisation …..
La Chine « Pays du Milieu » a étendu son influence
sur la quasi totalité de la zone. Au 18ème siècle, l’empire connaît
son extension maximale (Tibet, Mongolie Corée, Indochine).
Dans l’Asie sinisée qui correspond en gros à l’Asie
orientale sont diffusés l’écriture idéographique, des modèles urbains, la
baguette, le confucianisme, le bouddhisme Mahayana « Grand
véhicule ».
Lorsqu’elle devient communiste en 49, elle entend son
nouveau modèle en Asie ( VietNam, Corée du Nord, Laos)
L’émigration chinoise. Certains la qualifie de diaspora mais
le terme est impropre. Cette émigration représenterait en Asie orientale, 25
millions de personnes. Ils représentent 30% de la population en Malaisie. Ces
chinois « d ‘outremer » contribuent à la croissance asiatique
car ils entreprennent beaucoup et constituent des réseaux commerciaux et financiers
très efficaces.
……relayé par le Japon.
Le Japon s’est d’abord affirmé comme une puissance
expansionniste de la fin 19ème à 1945. ( Sakhaline, Kouriles, Taiwan
, Corée, Mandchourie, Chine). Pendant la seconde guerre mondiale fut constituée
une sphère de co-prospérité qui s’étendait jusqu’en Asie du Sud-est.
Au sortir de la 2nd GM, le Japon est affaibli et dépendant des
Etats-Unis.
Il connaît ensuite un développement rapide selon un
processus qui s’est ensuite imposé comme un modèle dans d’autres pays d’Asie.
C’est la théorie du vol des oies sauvages :
Années 50 : importation des matières premières et des
technologies (rôle important de l’Etat, aide américaine)
Années 50 et 60 : développement de l’industrie locale
essentiellement une industrie de base, satisfaction de la demande intérieure.
Années 60, 70 et 80 : développement des exportations
d’abord vers les pays du tiers-monde, puis vers les pays développés grâce à une
augmentation de la VA.
Années 70, 80 et 90 : délocalisation d’industries
d’abord vers les pays ateliers du sud-est asiatique puis vers les marchés
fermés des pays développés ( EU, UE). (8 p 217)
Remarque progressivement on assiste dans l’industrie de ces
pays là à processus de remontée des filières de production.
Le processus s’amorce dans les années 60, chez les
« Quatre Dragons » ( Taiwan, Corée du Sud, Hongkong, Singapour). Par
exemple, Mitsubishi implante dans les années 60, le premier chantier de
construction navale en Corée. Ce pays est devenu ensuite leader mondial dans ce
domaine. Le modèle se diffuse ensuite, dans les années 70 chez les « Bébés
Tigres » ( Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines).
Aujourd’hui, le rôle du Japon en AO se confirme puisqu’il
est le premier donateur de l’aide au développement. C’est aussi le premier
investisseur. Mais le Japon investit moins en Asie 20,7% qu’aux Etats-Unis 39% ou en Europe 33%.
(1999).
La Chine et le Japon se sont relayé finalement dans le rôle
de pôle dominant et moteur en AO.
Dans la deuxième moitié du 20ème siècle, le
développement a concerné le Japon puis Hong Kong, la Corée Taiwan et enfin, les
« Bébé Tigres » . On serait donc tenté de ce point de vue là
d’élargir la définition géographique de l’AO. Dans le processus de
développement, il faut noter au Japon , à Taiwan, en Corée du Sud et en Chine
l’importance de l’Etat qui est souvent à l’origine des modes de
développement.
-Des populations nombreuses dont la croissance est maîtrisée
et les besoins alimentaires satisfaits.
Le poids démographique de l’AO est élevé. Deux milliards
d’hommes habitent les Etats riverains de l’Asie de l’est mais si on ne
s’intéresse qu’aux régions littorales où elle est concentrée ( p 212), cette
population représente 700 millions de personnes. Il convient de noter que la croissance de cette population qui a
longtemps été forte est désormais maîtrisée. La transition démographique est
désormais réalisée dans la plupart des pays suite à des politiques plus ou
moins volontaristes ( lois eugéniques au Japon 1948 , politique anti-nataliste en Chine). On peut distinguer deux
ensembles de pays (Japon , Corée du Sud, HongKong, Singapour, Taiwan,
Chine : ISF< ou = à 1,8) ; ( Philippines, Malaisie, Thaïlande,
Vietnam, Indonésie : ISF> 2,1).
Cette population est une ressource majeure dans la puissance
asiatique. Dans les « Bébés Tigres » et en Chine , le coût de
la main d’œuvre est le principal atout . Au Japon et chez les quatre dragon,s
la main d’œuvre est très qualifiée mais souvent très chère. Le coût de la main
d’œuvre est plus élevé au Japon qu’en France, par exemple.
Pour qu’une forte population ne soit pas un handicap, il
faut que le préalable agricole soit
d’abord réglé.
Ces régions du monde connaissaient depuis le néolithique des
systèmes de mise en valeur agricole
efficaces basés sur la maîtrise de l’eau
et le développement de techniques améliorantes obtenant de hauts
rendements. C’est le cas de la riziculture inondées qui a permis une double
interaction : les hauts rendements ont permis de nourrir des populations
nombreuses. Cette population nombreuse a constituée la main d’œuvre nécessaire
à cette agriculture exigeante.
Ces techniques de production furent par la suite
améliorées. Tous les pays d’AO ont
connu après la seconde guerre mondiale, une Révolution agricole. Elle a eu lieu
dans les années 50 en Corée, dans les années 60 en Indonésie et en Chine dans
la fin des années 60. Ainsi, tous les pays de l’AO sont en situation de
satisfaction des besoins alimentaires de leurs populations.
La population est donc un facteur de puissance partagé dans
l’AO, d’autant plus que les problèmes de satisfaction des besoins alimentaires
sont dans l’ensemble réglés.
-Des ressources naturelles importantes et exploitées.
Certes, le Japon est pauvre en ressources naturelles , mais
il convient de rappeler que la Chine est le premier producteur mondial de
charbon, et que l’Indonésie est riche en hydrocarbures. Elle se classe au 5ème
rang mondial pour la production de pétrole.
L’AO peut donc aussi compter sur d’autres ressources que les
ressources humaines. En dehors du Japon, les sous-sols sont riches.
b) les facteurs exogènes.
Quels sont les facteurs exogènes, externes de la puissance
de l’AO ?
Quelles sont les conséquences dans un espace économique
mondialisé de l’expansion de l’Asie pacifique ?
De l’imitation à l’innovation :
Dans les années 50 et dans les années 60, effectivement
les pôles de puissance asiatiques se
sont développés en imitant les technologies occidentales. Mais ces technologies
et ces techniques ont souvent été améliorées et dépassées. Pour prendre un exemple,
le développement Japonais a d’abord reposé sur le recours au Fordisme puis les
entreprises japonaises ont mis au point le Toyotisme qui fut lui même diffusé.
Aujourd’hui, Taiwan, le Japon ou la Corée sont des pôles
d’innovation avancée. ( Hsinchu à Taiwan- Tsukuba au nord-est de Tokyo[6 p
234]) (Technologies de la communication, du multimédia)
De l’aide à la compétition :
Les Etats-Unis ont joué un rôle important dans le
développement des Etats non communistes de l’Asie orientale. Il s’est agi d’une
aide au développement puis d’investissements contribuant à la diffusion du
modèle américain. Il faut noter que le modèle américain a connu à partir des
années 50 un grand succès au Japon et dans les 4 Dragons.
Aujourd’hui encore, l’AO reçoit de nombreux investissements
en provenance des Etats-Unis mais aussi d’Europe. Mais ces IDE ne se
répartissent pas de façon homogène.
Ainsi la Chine, et plus particulièrement la Chine littorale,
est la bénéficiaire de la plupart de ces investissements.
Il faut noter également que les pays d’AO investissent aux
E-U et en Europe. Le Japon et la Chine, par exemple, sont les deux premiers
investisseurs étrangers dans les bons du Trésor américain. De la sorte, ils
contribuent grandement au financement des déficits des Etats-Unis.
Désormais, les Etats de l’AO, les EU et les pays de l’UE
sont concurrents. Des différends
commerciaux ont souvent opposé les États‑Unis et l'Union européenne au
Japon dans les années 80 et 90.
Les technologies,
les capitaux ont permis l’émergence économique de l’AO. Les pays de l’AO ont
fait leurs ces facteurs de croissance et de puissance. Face aux autres aires de
puissance américaine et européenne, les pays de l’AO sont donc désormais des partenaires-concurrents.
II Les dénominateurs communs de la puissance de l’AO.
Comment se manifeste la puissance de l’ AO ?
a) Une croissance économique en question. (2 p 215)
L’AO constitue-elle une aire de puissance par rapport au
reste du monde ?
Toutes les Etats de l’ AO connaissent-ils une
expansion ?
L’expansion économique connaît-elle des limites ?
Des croissances exceptionnelles.
On observe, en effet, des croissances exceptionnelles. La
Chine a connu pendant des années des rythmes de croissance deux fois supérieurs
à ceux de la France pendant les Trente Glorieuses. Croissance moyenne du PNB/ht
1990-2000 : 8.8%
Dans les années 90, le Vietnam a connu pendant plusieurs
années une croissance supérieure à 10 % par an. Croissance moyenne du PNB/ht
1990-2000 : 6%
Ces croissances
exceptionnelles confortent l’image
d’une Asie orientale en expansion.
Des croissances inégales.
Il y a des pays dont la croissance est modérée.
On peut distinguer de ce point de vue là deux catégories de
pays : Les pays avancés : Corée du Sud , Singapour.
Les pays les plus pauvres :
Philippines, Cambodge.
Dans l’aire orientale, le rythme de la croissance est donc
inégal. Il donc difficile de parler d’ aire de croissance uniforme.
Un poids économique inégal.
Ainsi le Japon est
aujourd’hui un des pôles majeurs de la triade en réalisant par exemple 15% du
commerce mondial et 6% du commerce
mondial. La Chine semble être aujourd’hui la quatrième puissance industrielle
dans le monde.
Des croissances compromises. ( p 221)
Depuis 1991, le Japon connaît un marasme économique profond dont il peine à sortir.
De plus, la crise financière et économique a frappé de plein
fouet l’Asie capitaliste. La Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie (pays en
décollage) sont les plus touchés. La
Corée du Sud, le Japon, la Chine le Vietnam, HongKong, Taiwan et Singapour sont
relativement moins touchés.
On peut distinguer plusieurs catégories de causes.
Causes conjoncturelles : - Bulles spéculatives ( éclatent en 90-91).
Catastrophe naturelle (Kobé 95 9 p 237).
Placements douteux ( banques japonaises)
Dérèglement monétaire ( origine Thaïlandaise de la crise de
97-98).
Causes structurelles : - Endettement public.
Crise des débouchés.
Crise du système productif.
La Chine et le Vietnam ont été relativement épargné par la
crise de 97-98 mais les limites de la croissance chinoise commencent à
apparaître. Par exemple, dans le domaine social, les salariés n’acceptent plus
les conditions de traitement et dans la zone franche de Shenzhen cette année
une longue grève a permis une augmentation des salaires de 170 % pour atteindre
30 euros mensuels.
Enfin, on peut enfin s’interroger sur les conséquences du
tsunami sur l’économie de l’Indonésie.
Les crises asiatiques, les catastrophes peuvent donc remettre en cause l’image d’une aire en
expansion économique.
b) Intégration économique et dynamiques de développement
régional.
Quels flux animent l’AO ?
Sur quelle aire s’étend l’expansion économique de
l’AO ?
D’importants flux de marchandises animent cette zone.
Elle est caractérisée par un niveau élevé d’intégration
commerciale. Ces pays échangent entre eux des matières premières ( Le Japon
achète du bois d’Asie du Sud-est, du pétrole indonésien raffiné à Singapour)
et des produits semis finis (
composants , produits pétrochimiques intermédiaires). Les produits finis sont
destinés aux pays industrialisés.
Ainsi, en 2000, 49 %
des exportations des pays asiatiques furent réalisés en Asie orientale.
Des routes maritimes au trafic intense.
Le principal axe
quitte l’océan pacifique, gagne la mer de Chine méridionale par les détroit s
de Luçon et de Taiwan et rejoint enfin l’océan Indien par le détroit de
Malacca. Ceci explique l’importance de ports comme Kaohsiung à Taiwan, et
surtout de Singapou,r premier port mondial.
Pour donner une idée de l’intensité du trafic, l’Asie
Orientale représente 40 % du trafic de conteneurs dans le monde.
On observe également d’importants flux de capitaux.
Taiwan par exemple investit beaucoup en Chine notamment dans
la région du Delta des Perles. Singapour est la première place financière de
l’Asie du Sud-Est.
Des flux migratoires animent également l’AO :
En Chine, il s’agit d’une immigration interne en provenance
des régions intérieures. Une part de ces populations n’étant pas inscrite
officiellement et installée dans les agglomération des provinces littorales,
elles sont qualifiées de « flottantes » par les autorités. Le
phénomène d’immigration en provenance de Corée du Nord reste mineur compte tenu
de la population chinoise.
Au Japon, les immigrés proviennent généralement d'Asie
(Corée, Chine, Philippines). Il faut compter également l’arrivée de nikkeijin
descendants des émigrés japonais du Brésil ou du Pérou.
Les flux qui animent l’AO sont donc nombreux. Ils concernent
un espace qui s’étend largement au delà de la Chine littorale, du Japon, de la
Corée du Sud , de Singapour et de Taiwan.
L’ Asie orientale est donc une aire de développement à la fois
interdépendante et ouverte sur le monde caractérisée par des courants d’échanges
intra-régionaux.
III Les disparités régionales de l’Asie orientale : une
inégale contribution des régions à la puissance de l’AO.
a) les déséquilibres territoriaux.
Les espaces de l’AO sont-ils homogènes ?
Quels espaces régionaux contribuent à la puissance de
l’AO ?
Toutes les régions des Etats de l’Asie orientale sont-elles
concernées par l’expansion ?
3 exemples :
Le cas chinois.
- Les politiques maoïstes du « grand bond en
avant » (1958) et de la « révolution culturelle » (1966-1979) prétendaient corriger le déséquilibré
entre 1e littoral et 1’intérieur . Ce fut cependant un échec. A partir de 1979 la politique d'ouverture aux capitaux étrangers ne concerne que les
côtes ou des ZES sont créées.
ZES : Zones économiques spéciales: Zones économiques
côtières ouvertes par la Chine communiste aux investissements étrangers . Les
entreprises étrangères y bénéficient du faible coût de la main d’œuvre et d’une
fiscalité avantageuse .
Entre 1980 et 1992, d’autres villes et d’autres régions vont
être ouvertes d’abord sur le littoral puis à l’intérieur.
- 3 Chines peuvent être distinguées :
La Chine fermée, en réserve, les provinces de l’ouest.
56 %de la superficie, 11 % de la population, 7 % du PIB, 1 %
des IDE.
Elle est faiblement peuplée par des minorités nationales.
Les autorités souhaitent développer ces régions stratégiques dont le sous-sol
est riche. Constitution d’un front pionnier.
La Chine en développement, les provinces du centre, la Chine
intérieure.
30 % de la
superficie, 48 % de la population, 34 % du PIB, 11 % des IDE.
C’est une Chine assez densément peuplée à double vocation
primaire et industrielle.
La Chine ouverte, la Chine littorale, les provinces
côtières, la Chine développée.
14 % de la superficie,
41 % de la population , 59 % du PIB, 88 % des IDE.
C’est la Chine la plus développée, la plus dynamique et la
plus attractive pour les migrants de l’intérieur et pour les capitaux
étrangers. Elle s’organise en trois pôles.
-Les 3 pôles dominant de la Chine littorale :
Pékin- Tianjin : le centre politique du « Pays du
Milieu ».
Autour de la capitale (7,5 millions d'habitants), une
ensemble très peuplé 25 millions d’habitants et urbanisée (50 % la population).
C’est un espace majeur ( 12 % du PIB de la Chine), au développement ancien
(Tangshan ,ville née du charbon est en reconversion) qui doit devenir avec les
jeux olympiques de 2008, et les aménagements urbains qui les accompagnent, la
vitrine de la Chine nouvelle.
Shanghai: la tête d’un nouveau dragon ? Projection de
l’extrait de Thalassa.
Au débouché du Yangzi, La ville (14 millions d'habitants) la
plus moderne et la plus dynamique de Chine. (25 % du trafic portuaire de la
Chine en fret, 25 % du trafic conteneurs, 6 % du PIB de la Chine. C’est une
ville qui se modernise à grande vitesse ( quartier d’affaire de Lujiazui, dans
la zone du Pudong, l'Exposition universelle de 2010)
Le delta de la rivière des Perles.
Ce delta est une « aire économique ouverte »
multipolaire (Hong Kong, Canton, Shenzen , Macao). Il regroupe 25 millions
d'habitants et réalise 12 % du PIB chinois. Cet espace entretient des relations
très privilégiées avec Taiwan.
Taiwan : voir Ensemble documentaire.
La mégalopole Japonaise : voir leçon suivante.
Grâce à ces trois exemples, on observe d’abord l’existence
de profonds déséquilibres entre les différentes régions des pays de l’AO. Les espaces qui contribuent à la puissance
des Etats sont le plus souvent littoraux. Là, comme ailleurs dans le monde, les
processus de littoralisation et de
métropolisation se confirment. Il existe enfin des périphéries plus ou moins
intégrées.
b) Aménagements du territoire.
Les problèmes posés par l’organisation de ces territoires
suscitent des politiques ou des projet destinés à aménager le territoire.
Quels sont les enjeux de ces aménagements ?
3 enjeux :
Maîtriser l’espace, ces atouts et ses contraintes.
Les pays d’Asie orientale sont confrontés à des contraintes
naturelles, séismes, excès climatiques, immensité, insularité . Ils ont
également des ressources à exploiter.
Des infrastructures sont donc mises en œuvre pour tenir
compte de cette situation.
Le Barrage des Trois Gorges sur le Fleuve Yangzi ( 3ème
au monde) a quatre objectifs : produire 85 milliards de KWh , améliorer la
voie navigable pour conduire des navires de 10 000 tonnes au cœur de la Chine,
protéger les habitants en aval du fleuve par le stockage des débits de crue,
transférer 40 Km3 d’eau vers les
régions du nord. Les interrogations sont nombreuses sur ses conséquences sur
l’environnement.
Les infrastructures japonaises.
Pour réduire les problèmes liés à l’insularité ont été crées
un pont de 10 km entre Honshu et Shikoku ( 3 p 233). Des portes anti-tsunamis
équipent certains ports japonais.
Contrôler la croissance urbaine et gérer l’exiguïté.
Il est possible d’évoquer sommairement deux attitudes, l’une
qui consiste à créer des terre-pleins, l’autre qui encourage le desserrement des activités vers la périphérie
proche.
On peut distinguer :
les terre-pleins
industriels
Ces terre-pleins qu’il ne faut pas appeler polders ( ceux-ci
sont sous le niveau de la mer) sont créés en amenant des matériaux prélevés
dans les montagnes dans la mer afin de constituer des plate-formes
industrielles.
Les terre-pliens à vocation
tertiaire du Japon.
On peut citer le cas de deux aéroports : le Kansai dans
la baie d’Osaka, le nouvel aéroport Chek Lap KoK de Hong Kong le parc du Kasai à Tokyo ( 5 p 241)
L’encouragement au desserrement.
Au Japon, l’Etat encourage le développement par
implantation de technopôles ( plan
Technopolis 1985-2000) par exemple de la périphérie proche de la mégalopole (
plaine du Kanto, Tokai, Kansai, nord Shikoku et Kyushu).
Notez le cas particulier de Singapour qui déplace la
pauvreté ou les fonctions ingrates dans les espaces frontaliers (Johore,
archipel de Riau).
Equilibrer l’organisation du territoire.
Voir le plan de développement de Taiwan.
En Chine, les autorités ouvrent désormais les provinces
intérieures et cherchent à développer un axe ferroviaire à grande vitesse
entre Pékin et Shenzhen en passant par
ces mêmes provinces.
Conclusion : A l’échelle régionale, les politiques des
autorités cherchent donc à corriger les déséquilibres au profit des
périphéries. Il y a donc une volonté d’étendre le développement aux régions le
plus souvent intérieures.
IV Une difficile construction régionale .
Une AO fragilisée par des tensions internes.
Il y a en effet dans cette région du globe des tensions
inter-étatiques et des facteurs d’insécurité.
Il y a d’abord des conflits internes.
Résistance des Ouighours dans le Xinjiang et des Tibétains
en Chine , mouvements séparatistes en Indonésie ( Aceh, Kalimantan, Irian
Jaya).
Il y a aussi des conflits inter-étatiques territoriaux.
Pour citer quelques exemples :
Conflits frontaliers : (Chine - Vietnam, Corée du Nord
- Corée du Sud, Thaïlande - Laos, Thaïlande- Cambodge, Indonésie-Malaisie)
Territoires disputés : Kouriles ( Russie-Japon),
Takeshima - Tok Do (Japon -Corée du Sud, Senkoku- Dai Yu Tai (Japon , Taiwan,
Chine) îles Paracel (Chine –Vietnam), îles Spratly Chine – Vietnam, Brunei,
Malaisie, Taiwan, Indonésie)
Cette région est enfin caractérisée par des actes de
piraterie : 247 en Asie en 2003, 121 le long des côtes indonésienne.
On peut, pour résumer, distinguer trois zones de tensions
majeures : la péninsule coréenne, le détroit de Taiwan et la mer de Chine.
Les puissances géostratégiques :
Le Japon a longtemps limité son rôle géopolitique après la
seconde guerre mondiale. L’article 9 de la constitution lui interdisait l’usage
de la force pour régler les problèmes internationaux. Ce pays change désormais
d’attitude. Son armée désignée comme une force d’autodéfense peut être considérée comme la 4ème
armée au monde. Des troupes japonaises ont participé à la coalition en Irak.
Désormais, l’Etat-major Japonais considère que le premier ennemi potentiel est
la Chine.
La Chine : c’est une puissance nucléaire et l’une des
forces de son armée repose sur l’importance de ses effectifs. Dans ce domaine,
elle apparaît comme la future grande puissance.
Les Etats-Unis jouent aussi dans la région un rôle important.
La 7ème flotte américaine est prête à défendre dans la région les
intérêts du Japon , de Taiwan et de la Corée du Sud.
Dans ce contexte, l’unité de cette région du globe semble
hypothétique. Pourtant des tentative de
construction régionales apparaissent.
b) Les tentatives de constructions régionales
Existe-il des organisations régionales dans l’AO ?
On peut évoquer l’ASEAN, Association des Etats du Sud-Est
asiatique ,créée en 1967 dans le contexte de la guerre froide. Elle réunit
Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, Myanmar ( Birmanie), la Malaisie,
les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. La Chine est associée
aux négociations mais à l’origine l’ASEAN a été construite en opposition à la
domination Chinoise. A terme, en 2010-2015, il est envisagé de créer une vaste
zone de libre échange associant les pays précédemment cités à la Chine, au
Japon et à la Corée du Sud. AFTA (
Asian Free Trade Area).
L’APEC, Coopération Economique de l’Asie Pacifique, associe
tous les pays de notre ensemble à l’Australie, aux Etats-Unis, à la Russie, au
Canada , au Mexique et au Chili. C’est une organisation informelle qui permet
entre autres aux E-U d’affirmer le leadership dans la région.
L’AO est donc concernée
par plusieurs expériences de construction régionale dans le domaine
économique, mais il n’y a pas dans l’AO d’intégration politique comme dans
l’Union européenne. De plus aucune de ces organisations n’a une identité
correspondant exactement à l’aire de l’Asie orientale.
Conclusion générale :
L’Asie orientale est-elle véritablement une aire de
puissance en expansion ?
La réponse à cette question est donc loin d’être simple et
unilatérale :
A l’évidence, les Etats de cette région du globe ont connu
des développements et des croissances rapides selon au moins deux modèles qui en font des partenaires-concurrents de
poids face aux deux autres aires de puissance majeures : l’Europe et les
Etats-Unis. On constate également que cette aire connaît une expansion
spatiale réelle vers d’autres régions
et d’autres Etats. On est à ce sujet tenté d’élargir la définition de l’Asie
orientale aux pays de l’Asie du Sud-Est qui connaissent un développement
rapide.
Seulement, nous avons démontré que l’Asie orientale est loin
d’être uniforme. Les rythmes de croissance sont inégaux et on peut distinguer
trois pôles majeurs :
Le Japon, seconde puissance économique mondiale dont le
système est aujourd’hui remis en cause, mais qui continue à dominer
économiquement la région.
Singapour centre
financier et nœud de communication
majeur.
Les régions
littorales chinoises qui attirent des capitaux du monde entier et qui
concurrencent désormais le Japon.
Il convient de noter également l’existence, malgré des
politiques volontaristes d’aménagement du territoire de fortes disparités
régionales internes aux Etats de l’AO.
Il est vrai que l’intégration économique dans cette région
du monde est forte. Les flux de natures diverses sont nombreux, les échanges
importants. C’est d’ailleurs dans le domaine économique que s’amorce une
construction régionale. Mais l’AO reste divisée par d’importants conflits
géopolitiques. On peut donc en Asie orientale être partenaires économiques et
ennemis potentiels.