1 ES, L et S
L’Allemagne dans
l’Union européenne.
La RFA ( République fédérale allemande) actuelle (357 046 km2)
est le fruit d’un processus complexe de
construction étatique depuis le XIXème siècle, alternant unifications et
divisions. Depuis 1990, l’Allemagne n’est plus qu’une et l’ensemble de ses landër
sont intégrés dans l’Union Européenne.
La puissance d’un Etat est déterminée par sa capacité
à tirer parti de la combinaison de différents facteurs ( poids démographique,
superficie, ressources naturelles, richesse économique, capacités militaires, poids
dans les institutions internationales, rayonnement culturel ) afin d’imposer sa
volonté aux autres Etats. Joseph Nye, Raymond Aron au sujet d la puissance
offensive, Max Weber.
Pb : quelle est la place de l’Allemagne dans l’Union
Européenne ?
I
Est-elle une puissance économique majeure dans l’Union européenne ?
Une puissance productrice.
L’Allemagne est la première puissance économique de l’Union
Européenne. Son PNB représente 2 290 000 millions $US. Après un ralentissement
temporaire, elle connaît cette année une croissance relativement forte ( le gouvernement
fédéral anticipe une croissance de 2,3 % pour 2007) .Son PIB représente 20%
du PIB de l'UE.
Cette puissance économique est liée au performances de son
agriculture. (3° pays agricole d'Europe), mais aussi surtout de son industrie. La
production industrielle allemande représente 30% de la production industrielle
de l'UE.
Les points
forts de l’Allemagne dans ce domaine sont :
L'automobile d'abord. L’Allemagne est le troisième
constructeur mondial avec 4,5 millions
de véhicules par an.
Les
industries mécaniques, en particulier la production de machines-outils
L'Electricité et l'électronique (Siemens)
La Chimie,
avec des groupes comme Hoescht, Bayer, BASF.
Une
puissance exportatrice.
Les
produits allemands jouissent d’une réputation de qualité, de fiabilité et de
robustesse. Ils bénéficient donc d’une forte compétitivité hors prix à l’exportation.
Le solde de la balance commerciale allemande s’élève donc à 14,10 milliards d’Euros (source
Office Fédéral des Statistiques).
Le contexte de cette puissance économique : le modèle
allemand.
La réussite de l’économie allemande repose en partie sur la formation
de la main d’oeuvre et des industriels.
Une économie
sociale de marché, l'Etat garantit la liberté d'entreprendre mais aussi
le bien être social de la population. Le niveau de salaire est élevé en Allemagne.
Modèle mis au point par Ludwig Eckart, ancien ministre de l’économie.
Ce modèle
est remis en cause par la politique menée par le gouvernement d’Angela Merkel.
Un syndicalisme fort : 33% des salariés sont syndiqués (à
peine 10% en France) qui participe aux grandes décisions économiques et
politiques . Il convient de noter cependant qu’actuellement les cheminots
allemands et leur syndicat sont dans un conflit les opposant à leur direction
sur le sujet des salaires.
Des
entreprises puissantes: Les Gruppe associent grandes banques et grandes
entreprises industrielles.
La monnaie fut aussi pendant longtemps un facteur de
puissance en Allemagne. En 1948, un plan organisé en secret par les américains
met en place le deutschemark. 40 marks sont alors distribués gratuitement aux
Allemands. Très rapidement et jusqu’à
la mise en place de l’Euro la mark est devenu une monnaie stable et recherchée.
II Quel est le poids de l’Allemagne sur la scène politique
internationale ?
L’Allemagne est l’un des six pays à l’origine de la
construction européenne, avec Jean Monnet et Robert Schuman, Konrad Adenauer
est l’un des fondateurs de l’Europe. Ceci donne un certain poids dans les
négociations européennes ( notion de coupe frano-allemand).
Cette place dans l’Union européenne est renforcée par le
poids démographique de l’Allemagne. Elle compte aujourd’hui 82 422 299 habitants
( 12ème rang mondial) . En 1990, la réunification avait permis de
rassembler 63 millions d’allemands de l’ouest et 16 millions d’allemands de l’est.
Dans les institutions européennes, le poids de l’Allemagne en est renforcé. Comme
la France, l’ Italie et le Royaume-Uni , l’Allemagne compte 29 voix sur 345 au
conseil de l’Union européenne. Elle a 99 député au parlement européen ( http://www.touteleurope.fr/fr/union-europeenne/ue-comment-ca-marche/les-institutions-et-organes-de-lunion-europeenne/le-parlement-europeen/animation-repartition-des-deputes-par-pays.html)
L’Allemagne est donc un interlocuteur obligé dans l’Union
européenne.
A la suite de la seconde guerre mondiale, l'Allemagne ne
fait pas partie du Conseil de Sécurité . Elle est pourtant le troisième contributeur
au budget de l'ONU. Elle cherche, en outre, à étendre son influence au moyen de
l’aide au développement des pays du tiers-monde.
Même si elle n’a pas l’arme nucléaire l’Allemagne est une
puissance militaire. Elle est intervenue par exemple en Afghanistan rompant
ainsi avec un principe de non intervention à l’extérieur institué depuis la
seconde guerre mondiale.
Conclusion : le poids politique de l’Allemagne n’est
pas à la hauteur de sa puissance économique en particulier dans le mode.
III
Une place centrale dans l’espace de l’Union
européenne ?
Il s’agit de la mitteleuropa. C’est l’espace européen
qui se caractériserait par la présence d’une population ou de minorités
germanique. Il y en Europe 12 millions de locuteurs allemands. Ceci assure un certain
rayonnement culturel sur le continent. La culture allemande est d’ailleurs diffusée
par les Goethe institut répartis dans toute l’Europe et dans le monde. Il est à
noter qu’avec seulement 18 millions de germanophones dans le monde, ce rayonnement
reste limité sur le plan international.

Autre remarque : ces minorités ont pour une bonne
partie été rapatriées en Allemagne à l’issue de la seconde guerre mondiale.
L’Allemagne à une position centrale.
Comme on peut le voir sur une carte de l’Europe, la place de
l’Allemagne est centrale sur le continent.
Elle joue d’ailleurs le rôle d’espace de transit. L'Allemagne possède le plus
vaste réseau autoroutier gratuit dense. C’est d’ailleurs le premier en Europe. la
réunification des deux Allemagnes, la première mesure de la RFA a été de
construire des stations service et les autoroutes reliant la RFA à la Pologne,
la RFA à la Tchéquie ou la Slovaquie. Ce réseau autoroutier très dense sert
donc à la fois aux transports internes mais aussi aux exportations.
L’axe rhénan est extrêmement fréquenté pour les liaisons
nord-sud.
L’Allemagne est d’ailleurs un acteur économique majeur entre
l’Europe centrale et l’Europe orientale
Elle trouve en Europe occidentale un marché solvable.
Par exemple , la France est restée le principal partenaire
commercial de l’Allemagne suivie des Pays-Bas.
Ses relations commerciales se développent avec l’Europe Centrale
et orientale. Par exemple, En 2006, le chiffre d'affaires du commerce bilatéral
avec la Pologne a augmenté de 26,4%
pour atteindre environ 49,4 milliards d'euros.
Les investissements s’y développent également. Par exemple, l’Allemagne
occupe la quatrième place dans la liste des principaux investisseurs en
Pologne, derrière la France, les Pays-Bas et les États-Unis (selon les
statistiques officielles, qui ne prennent en compte que les investissements de
plus de 1 million de dollars américains). En réalité, au moins 10 000
entreprises allemandes au total entretiennent des relations commerciales à long
terme en Pologne.
L’Allemagne s’affirme donc comme une puissance régionale dans
l’Europe médiane .
L’intensification des relations économique n’empêche pas
parfois le refroidissement des relations entre voisins de l’Europe médiane. C’est
le cas en ce moment avec la Pologne sur la question du nouveau traité européen
et celle des revendications de la « fiduciaire prussienne » (Preußische
Treuhand) sur les biens perdus en Pologne.
Conclusion :
L’Allemagne a donc une place majeure en Europe compte tenu
de sa puissance économique et de son influence dans le fonctionnement politique
de l’UE. Mais sur le plan international, le poids politique et le rayonnement
culturel ne sont pas à la hauteur de son économie.
L’Allemagne a également une place centrale dans l’espace
européen compte tenu de sa situation
géographique et de l’intensité des relations avec les pays de l’Europe centrale
et orientale.
L’ensemble de l’Allemagne participe-t-il à cette puissance ?
Faut–il voir dans les nouveaux landêr un atout ou un handicap pour la croissance de la RFA ?